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[DOSSIER] Multiservice, tiers-lieux... le renouveau des campagnes

Créé le : 05/04/2021

Crédit : Pixabay

Par Quentin Zinzius

Territoires longtemps oubliés par les politiques publiques, les campagnes se sont progressivement vidées de leurs commerces et services. Et alors que la vie rurale devient le nouvel idéal de beaucoup de Français éprouvés par les confinements, citoyens et collectivités tentent tant bien que mal de faire revivre leurs territoires.

 

Avec le premier confinement et l’instauration du télétravail, de nombreux franciliens et autres habitants des grandes métropoles ont quitté leurs petits appartements pour profiter de la campagne et de ses grands espaces. Un mouvement de population soudain, qui pourrait pourtant bien devenir une nouvelle norme. Selon une étude de « Paris, je te quitte »[1] réalisée en mai 2020, 42 % des Franciliens seraient même prêts à quitter la capitale « dès que possible », pour un environnement « moins stressant, et plus proche de la nature ». Une envie partagée à l’échelle nationale, puisque selon le dernier sondage Ifop [2] pour l'association Familles Rurales, datant de 2018, 81 % des Français souhaitent vivre à la campagne. Pourtant, selon ce même sondage, la vie à la campagne n’est pas des plus faciles : la majorité des ruraux (51 %) s’estiment abandonnés par les pouvoirs publics, et font face à la disparition de nombreux services, pourtant essentiels....

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[COMMERCE] Multinationales du chocolat versus producteurs de cacao : Commerce Equitable France et 22 organisations appellent à un sursaut massif

Créé le : 02/04/2021

© Commerce Equitable France

Par Commerce Equitable France

À la veille de Pâques, grande période de consommation de chocolat, les multinationales ont fait plier le gouvernement ivoirien pour faire baisser le prix du cacao payé aux planteurs, déjà à bout de souffle. Commerce Équitable France et 27 organisations dénoncent cette situation intolérable !

À l'été 2019, le Ghana et la Côte d’Ivoire, premiers pays exportateurs de cacao où plus de la moitié des producteur.rice.s vivent dans une situation d'extrême pauvreté, ont pris une décision  historique  : exiger des acheteurs de rehausser le prix d’achat du cacao. En coulisse, les multinationales ont fait plier le gouvernement ivoirien  qui vient d’annoncer le 31 mars une baisse de 25% du prix du cacao payé aux producteurs.  A la veille de Pâques - grande période de consommation de chocolat - Commerce Equitable France et 22 organisations appellent à un sursaut massif pour dénoncer cette situation intolérable.

La filière cacao est à bout de souffle : le prix du cacao a été divisé par trois en quarante.  Sa culture n’est plus un espoir de développement pour les familles de producteur.ice.s, enfermées dans une pauvreté endémique. En outre, le “cacao est trop peu payé pour être durable”, selon l’ICCO et faute d’un prix permettant d’investir dans la transition agroécologique de la production de cacao, la déforestation continue.
 
La majorité des producteur.ice.s et de leurs familles vivent aujourd’hui avec moins d’1,90 USD/jour, et perçoivent moins de 6% de la valeur générée par le cacao. Face à ce constat alarmant, les Etats du Ghana et de la Côte d’Ivoire ont pris la décision commune à l’été 2019 d’exiger des acheteurs de cacao, le paiement d’un différentiel de revenu décent (DRD) aux producteur.ice.s. Il s’agit d’un montant de 400 USD la tonne venant s’ajouter au cours de la bourse fixé à Londres, mécanisme qui vise à mieux répartir la richesse créée dans la filière. Saluant publiquement cette résolution courageuse, les grands industriels du cacao s’étaient alors engagés à jouer le jeu et soutenir la démarche à partir de la campagne de production 2020/2021. C’est dans ce contexte que la Commission européenne a lancé en septembre dernier un vaste processus multi-acteurs visant à mieux réguler la filière pour s’attaquer à la pauvreté des producteur.ice.s de cacao ouest africains et aux enjeux de déforestation.
 
En coulisse, tout le monde ne joue pas le jeu. Plutôt que de respecter cette décision des Etats, les multinationales ont préféré freiner leurs achats et puiser dans leur stock,  faisant pression sur les petit.e.s producteur.ice.s, qui se retrouvent ainsi avec plus de 100.000 tonnes de fèves de cacao invendues sur les bras. Quand les coopératives interrogent leurs principaux acheteurs sur l’absence de contrats depuis mi-novembre 2020, c’est la baisse de la demande mondiale de cacao en lien avec la pandémie de la COVID 19 qui est invoquée. Si cela est le cas, cette baisse est loin d’être généralisée : les ventes de Nutella  ont enregistré des records jusqu’à +50% durant le premier confinement et les tablettes de chocolat et autres produits de confiseries bio ont gagné 20.9% entre 2019 et 2020 !
 
Mais les grandes multinationales du secteur  ne l’entendent pas ainsi : elles auraient fait pression[7] sur les gouvernements ivoirien et ghanéen pour faire baisser les prix. Et c’est chose faite :  une réduction de 25 % du prix payé aux producteurs vient d’être annoncée par le Conseil Café Cacao de la Côte d’Ivoire et passe ainsi de 1000 FCFA à 750 CFA par kilo - s’éloignant d’autant de l’objectif affiché de revenu décent pour les producteurs. En arguant de la surproduction conjoncturelle  du cacao,  les acheteurs internationaux ont mis en échec la dynamique de partage de la valeur pourtant indispensable à la résolution des problèmes de durabilité de la filière.  Pourtant, “si la production dépasse en effet de quelques milliers de tonnes la demande mondiale, les petits producteurs ne peuvent pas continuer à être la seule variable d’ajustement entre l’offre et la demande”, déclare Fortin Bley, Vice-président du RICE. “Un contrat de commerce équitable c’est quand les acheteurs s’engagent sur des prix rémunérateurs, mais aussi sur des volumes : les acheteurs partagent ainsi équitablement les risques inhérents à toute production agricole”.
 
Commerce Equitable France, ses adhérents et ses partenaires producteurs et productrices de cacao réunis au sein du Réseau Ivoirien du Commerce Équitable (RICE) appellent les acheteurs internationaux à respecter leurs engagements pour créer les conditions d’une filière cacao plus juste et plus durable. Il est temps que les importateurs et industriels du chocolat respectent leurs devoirs de diligence raisonnée en matière de droits fondamentaux, alors même que les géants du chocolat, Nestlé et Cargill, sont poursuivis aux Etats-Unis pour violation des droits des enfants et complicité de travail forcé dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire.

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[POLLUTION] L’Académie des Sciences appelle à repenser de manière radicale nos usages du plastique

Créé le : 01/04/2021

© Académie des Sciences

Dans un rapport publié le 30 mars 2021 et intitulé « Les plastiques dans l’environnement », l’Académie des Sciences dresse un portrait inquiétant de la pollution plastique dans le monde. En moins de 100 ans, la production de plastique est passée d’un million de tonnes, à plus de 350 millions à l’heure actuelle. Un chiffre qui risque encore d’augmenter, si les consommateurs et industries ne réagissent pas. L’Académie recommande par conséquent une « consommation raisonnée et des efforts des acteurs industriels », assortie du développement « d’un programme ambitieux de recherche » visant à favoriser le recyclage des plastiques. Le rapport précise que, si aucune mesure n’est appliquée, la pollution plastique des océans pourrait s’élever à 90 millions de tonnes par an d’ici 2030. Inquiétant.

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[SANTE] Procès Médiator : le fabricant condamné à 2,7 millions d’amende

Créé le : 30/03/2021

© Pexels

C’est un des plus gros scandales sanitaires français : le Médiator, pilule coupe-faim rendue tristement célèbre pour avoir provoqué de graves problèmes médicaux, vient d’être condamné par la justice française. Retiré de la vente en 2009 après 30 ans de commercialisation, le médicament aurait causé la mort de plus de 1500 personnes, et d’importantes séquelles à de nombreux autres. Après 10 ans d’enquête et 9 mois de procès en 2020, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu le 29 mars la culpabilité des laboratoires Servier, fabricants du médicament, pour « tromperie aggravée » et « homicides et blessures involontaires ». Le groupe pharmaceutique doit à présent s’acquitter d’une amende de 2,7 millions d’euros, et devra verser plusieurs dizaines de millions de dommages et intérêts aux victimes.

[TRIBUNE] Loi Climat et Résilience : honorons la promesse née de la Convention citoyenne !

Créé le : 30/03/2021
Crédit photo : Alex Guibord/flickr

Crédit photo : Alex Guibord/flickr

Par un collectif d'acteurs de l'ESS

Le 29 mars commence au sein de l’Assemblée Nationale le débat en séance sur le projet de loi Climat et Résilience. Alors qu’il devait être, comme s’y était engagé le Président de la République, la transcription par la loi des propositions issues du long travail opéré par les 150 citoyens composant la Convention Citoyenne pour le Climat, il apparaît aujourd’hui comme en grand décalage par rapport aux ambitions exprimées dans cet exercice démocratique inédit.

Nul besoin, nous l’espérons, de rappeler l’urgence à agir ; malgré cela, comme l’ont signifié le Conseil Économique Social et Environnemental, le Conseil National de la Transition Écologique, le Haut Conseil pour le Climat, la société civile à travers les associations et les ONG et les citoyens membres de la convention eux-mêmes, le projet de loi ne permettra pas de tenir l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. L’Etat s’expose donc de nouveau à un risque de condamnation pour sa carence à respecter les objectifs qu’il s’est fixés en matière de réduction des GES.

Solidarité, économie circulaire, santé, éducation, culture, environnement… Dans tous ces secteurs, nous, acteurs, collectifs, entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) démontrons au quotidien notre capacité à inventer de nouvelles réponses aux enjeux de mobilité, de consommation durable, de promotion des énergies renouvelables, ou encore d’insertion sociale et professionnelle. Le tout dans une visée de transformation de notre système économique et social, à l’appui de principes fondateurs, indissociables de la transition écologique, et plus encore leviers de sa réussite : entrepreneuriat du temps long, gouvernance démocratique, modèle économique caractérisé par la lucrativité limitée et l’orientation des bénéfices vers le financement de projets d’intérêt collectif.

Nous avons pleinement conscience du caractère critique de notre époque, de l’ampleur des menaces que fait peser le changement climatique sur notre avenir collectif, tandis que ne cessent de se creuser les inégalités sociales. Nous cherchons en ce sens à prendre toute notre part aux transformations de nos modes de vie, de consommation et de production, qu’il nous faut collectivement mettre en œuvre pour réussir une transition écologique et solidaire.

Et nous interpellons les pouvoirs publics qui doivent agir plus fortement, plus rapidement, en commençant par ne pas faire du projet de loi Climat et Résilience une nouvelle occasion manquée.

Nous appelons donc à enrichir le texte qui est discuté par la représentation nationale. En renforçant la place de l’économie sociale et solidaire, pour favoriser le développement de nos modèles qui sont autant d’accélérateurs des dynamiques qui concilient résilience économique, justice sociale et exigence écologique. En œuvrant davantage pour la justice sociale et environnementale, pour l’accès de tous à une alimentation de qualité, pour en finir avec les passoires thermiques. En accélérant le développement des énergies renouvelables citoyennes, en soutenant la structuration de filières agricoles basées sur des innovations agroécologiques, ou encore en favorisant le réemploi plutôt que le recyclage. En impulsant enfin dans nos politiques publiques d’indispensables mesures structurantes : une véritable éducation au développement durable, et une modification des normes comptables pour valoriser une nouvelle comptabilité écologique et sociale, condition nécessaire à une évolution en profondeur de notre système économique. En démontrant ainsi que l’on peut concilier concrètement et efficacement la réduction des inégalités sociales, la préservation des ressources communes, et la sauvegarde de la biodiversité.

Nous sommes convaincus que « le monde d’après » ne pourra se construire qu’en donnant les moyens aux citoyens de s’en emparer. C’est l’esprit de notre prise de position et de ces propositions. Les membres de la convention citoyenne ont ouvert une voie. Ne la refermons pas. Donnons à toutes et tous les moyens de la continuer, avec les entreprises de l’ESS.

Signataires : Jérôme Saddier, président d’ESS France Amandine Albizzati, directrice générale d’Enercoop Pierre-Eric Letellier, direction collégiale de l’Heureux Cyclage Damien Forget et Sandrine Andreini, direction collégiale du RESSAC – réseau des ressourceries artistiques et culturelles Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette Suzanne De Cheveigne, présidente de l’Association nationale des Compagnons Bâtisseurs Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement

[INTERVIEW] Olivier Schneider : "Pour la 1ère fois, le vélo est un réel enjeu électoral"

Créé le : 30/03/2021
Crédit photo : FUB

Crédit photo : FUB

Propos recueillis par Élodie Crézé

Olivier Schneider est le président de la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fub). Si le vélotaf se développe dans plusieurs villes du territoire, de nombreux freins restent encore à lever. Notamment dans le cadre législatif, alors que la loi Climat et résilience est en cours d'élaboration.

Alors que le transport représente près d'1/3 de nos émissions de gaz à effet de serre, le vélo est quasi absent du projet de loi Climat et résilience. Près de 90 % des amendements issus des propositions de la Fub ont été rejetés...
En effet, aucun des 149 amendements émanant des propositions des 150 citoyens(1)et associations de vélo, reprises par les députés de tous bords politiques, n'a été conservé dans le projet de loi, sous prétexte qu'ils n'auraient pas de portée législative ! (2) Pourtant, avec la pandémie, les Français ont montré qu'ils avaient une appétence pour le vélo. Et lorsque l'on voit que le transport constitue 27 % des émissions de gaz à effet de serre et qu'en déployant le Système vélo on pourrait les réduire d'environ un quart, il paraît absurde que la loi ne prévoit rien en ce sens ! Le Coup de Pouce Vélo(3) a montré que les citoyens étaient prêts à se mettre au vélo s'il y avait des politiques en ce sens, qui sont d'ailleurs d'un coût dérisoire si on les compare aux aides données à l'industrie automobile ou à l'aéronautique.

Qu'est-ce qui constitue un frein au dévelopement du vélotaf ?
Aujourd'hui, 60 % des Français.es sont prêts à passer au vélo dès demain, à condition qu'on leur fournisse un "Système vélo"qui induit un maillage de pistes cyclables continues et sécurisées. Le sentiment de confort et de sécurité est essentiel. Même si beaucoup de villes ont fait des progrès, il reste encore à développer les infrastructures, mais aussi agir sur la sensibilisation pour désamorçer les conflits – fréquents - entre piétons et cyclistes ou entre cyclistes et automobilistes. Mais aussi agir contre le vol, rendre possible l'intermodalité en favorisant les trajets combinés "transports en commun-vélo", notamment dans les milieux ruraux. Il faut organiser cette complémentarité des transports pour que le progrès du vélo ne soit pas seulement celui des grandes métropoles, mais bénéficie à tous et notamment ceux qui sont condamnés à la voiture !

Vous éditez un baromètre des villes cyclables tous les 2 ans (4). Observe-t-on une progression du vélotaf ?
Dans le baromètre, les gens répondent exactement aux mêmes questions à deux ans d'écart. Et à la question "est-ce que dans votre ville les conditions se sont améliorées sur les 24 derniers mois", tout le monde reconnaît assez unanimement que oui. Néanmoins les gens mettent de moins bonnes notes que 2 ans plus tôt. En fait, le baromètre mesure l'écart entre une attente et un ressenti subjectif. Cela veut dire que le niveau d'exigence augmente, notamment sur la sécurité ! C'est très bon signe pour sortir d'une pratique du vélo réservée exclusivement aux hommes de la quarantaine.

Vous avez lancé un label employeur pro-vélo en janvier 2021(5). Vise-t-il à encourager le vélotaf ?
Il s'agit en effet d'un guide pour les employeurs souhaitant favoriser le vélo parmi leurs employés. L'employeur bénéficie de 5000 euros par site pour mettre en place des prestations comme des stationnements vélo. En échange, il s'engage à se faire auditer : il y a une obligation de moyens mais pas de résulats. Le résultat de l'audit est rendu public, ce qui favorise la création d'une communauté d'employeurs favorables au vélo. Globalement, le vélo améliore la santé et la productivité des salariés. Il permet de faire des économies de parking, de se lancer dans une activité économique (ex la réparation de vélo, ou une activité de type coiffeur à vélo, paysagiste à vélo, etc). On souhaite à la fois promouvoir ces diverses activités, mais aussi les employeurs lambda pour qu'ils encouragent leurs employés à se déplacer en vélo. Ce programme d'un budget de 40 millions d'euros va permettre d'accompagner 4500 employeurs pour les guider en ce sens.

Le vélo est-il un enjeu des Régionales et des Départementales ?
Pour la 1ère fois, le vélo est réellement un enjeu électoral. Pour que le Système vélo fonctionne, il faut que les collectivités fassent leur part. Tout le millefeuille territorial doit s'entendre sur le fait que le vélo est désormais un outil pour tout un ensemble de politiques publiques.

Notes de bas de page

  1. de la Convention citoyenne pour le climat

  2. Les amendements sont jugés irrecevables avant même d'être discutés en commission spéciale, car ils seraient "hors-sujet" avec le contenu initial de la loi.

  1. 2020 a été marquée par le boom du vélo grâce notamment à la mise en place par l'État du Coup de Pouce Vélo, (qui permet de bénéficier de 50 euros pour faire réparer son vélo -1,5 M vélos réparés) et le développement de pistes cyclables à la sortie du premier confinement.

  2. Le prochain doit sortir en janvier 2022

    (5) Label lancé avec l'Ademe

 

Plus d'infos : www.fub.fr

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