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[ENERGIE] Le CLER-Réseau pour la transition énergétique se retire des rencontres digitales du réseau FAIRE

Créé le : 04/05/2021

© Pixabay

Par CLER - Réseau pour la transition énergétique

Pour la première fois, le CLER-Réseau pour la transition énergétique ne participera pas aux rencontres digitales du réseau national FAIRE, organisées par l’ADEME ce mardi 4 mai. Cette décision exceptionnelle découle de l’absence de réponse  du Gouvernement à nos interpellations. Nos alertes sur les difficultés rencontrées par les conseillers FAIRE au quotidien, aux plans humains comme techniques,  sont pour l’heure restées vaines. Sans ce dialogue avec les acteurs de terrain de la rénovation énergétique, le Gouvernement ne pourra mener aucune politique efficace et ambitieuse de rénovation énergétique de l’habitat.

Le 31 mars, les Espaces FAIRE bretons (anciens “Espaces Info Energie”), réunis au sein du réseau Breizh ALEC, ont adressé à la ministre du logement Emmanuelle Wargon un courrier cosigné par  20 collectivités bretonnes, avec le soutien de la Région Bretagne, premier porteur associé du programme SARE. Ce courrier est resté à ce jour sans réponse, alors qu’il alertait sur l’état de saturation des conseillers et sur la dégradation du service public d’accompagnement à la rénovation énergétique, suite au déploiement du programme SARE et au lancement de MaPrimeRénov’. D’autres courriers similaires ont suivi émanant de la Région Occitanie, de la Métropole de Grenoble...
À moyens constants, les conseillers FAIRE enregistrent en Bretagne, comme dans la plupart des autres régions, 4 fois plus de demandes qu’en 2020, à traiter avec des outils numériques défaillants, et selon des modalités de suivi administratif et financier chronophages. Démunis, ils font face au quotidien à des usagers de plus en plus mécontents, désorientés par les outils de simulation d’aides inadaptés, auxquels ils prodiguent des conseils au rabais. Leur métier se vide de sens au moment même où la société en a le plus besoin !
Le CLER-Réseau pour la transition énergétique, qui fédère historiquement 110 Espaces Conseil Faire, a publié le 27 avril une déclaration de soutien à la démarche bretonne et a sollicité une intervention lors des Rencontres digitales FAIRE, afin d’aborder cette situation directement avec la Ministre. Son refus a été immédiat. 
Face à l’impossibilité d’un véritable dialogue sur l’avenir des centaines de conseillers,  chevilles ouvrières de la politique de rénovation énergétique, le CLER-Réseau pour la transition énergétique a décidé de ne pas participer à cet événement national. Il a invité tous ses adhérents à faire de même. Objectif : alerter le Gouvernement sur l’urgence de la situation et la nécessité d’engager une véritable co-construction de l’accompagnement à la rénovation énergétique de l’habitat. L'État doit ouvrir les yeux sur les difficultés des acteurs de terrain. Des mesures d’urgence et une véritable concertation sur l’avenir du service public d’accompagnement à la rénovation énergétique sont indispensables. De simples aménagements ne pourront en aucun cas régler les problèmes rencontrés.

Plus d'infos

LA RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE AU SERVICE DU CONFORT D'ÉTÉ

Créé le : 13/06/2017
Le Rendez-vous de la rénovation énergétique en PACA, à Aubagne (13)

L’été arrive à grands pas et les épisodes de grande chaleur avec lui. Le Rendez-Vous de la Rénovation Energétique en Provence-Alpes-Côte-D’azur (Paca), organisé le 8 juin dernier à Aubagne (13), évoquait justement l’importance de prendre en compte les caractéristiques du climat méditerranéen afin de rénover les bâtiments de manière efficace.

Cinq millions. C’est le nombre de ménages français touchés par la précarité énergétique, c’est-à-dire consacrant plus de 10% de leurs ressources financières à leurs dépenses énergétiques primaires (chauffage, eau, etc.). Disposant de faibles ressources et étant souvent concernés par le mal-logement, les ménages les plus modestes sont aussi les plus touchés par ce phénomène. Phénomène qui n'est pas sans conséquences sanitaires. Comme l’exprime Philippe Michaud, directeur de l'ALEC (Agence Locale de l'Energie et du Climat) de la métropole marseillaise, « une personne en situation de vulnérabilité énergétique aura tendance à faire des choix économiques qui auront un impact sur sa santé ». N’ayant pas les moyens de payer des factures de gaz ou d’électricité, ces ménages utiliseront par exemple un chauffage au pétrole, moins coûteux, mais nocif. Car, lors de sa combustion, ce type de chauffage dégage des gaz néfastes (monoxyde de carbone, carbonique, oxydes d’azote, dioxyde de souffre) pouvant être à l’origine de troubles sanitaires.

Coup de chaud en Paca

Alors que 22% de la population française souffre de cette forme de précarité, elle concerne 12% des ménages en PACA. Un écart qui s’explique par les différences de températures ; la partie nord de l’hexagone rencontre des difficultés énergétiques principalement en hiver, ce qui est moins le cas pour les régions méridionales. Cependant, on sous-estime bien souvent l’impact des chaleurs méditerranéennes dans les dépensesen énergie . « Il est évident que le froid rigoureux pousse les personnes à rénover. Sauf qu’ici, nous sommes confrontés à la problématique de la chaleur. Et lorsque l'on isole un bâtiment, nous le faisons aussi bien pour nous prémunir du chaud que du froid », précise Stéphanie Le Maître, ingénieur à l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie). Et en région PACA, le confort d’été est loin d’être accessible à tous. En effet, les ménages n’ayant pas les moyens de s’isoler du froid sont aussi ceux qui souffrent de la chaleur

Penser l'habitat selon le climat

Afin de réduire cette surchauffe rendant un logement inconfortable, des solutions simples existent (améliorations végétales ou d’aménagement, réflexes d’aération, …). Toutefois, dans le parc ancien, des travaux visant à réduire la consommation énergétique des bâtiments s'impose souvent. Une rénovation énergétique destinée à lutter tant contre le froid que contre la chaleur estivale, caractéristique du climat méditerranéen. Pour faire face aux couts de ces investissements, les propriétaires, bailleurs ou non, peuvent bénéficier d’appuis techniques et financiers de la part d’instances nationales et régionales comme, l’ADEME ou l’ANAH (Agence Nationale de l’Habitat), ou encore les collectivités territoirales. Crédit d’impôt, TVA à taux réduit, prêts favorables, les aides aux démarches de rénovation énergétique sont nombreuses, et, pour certaines, spécifiquement dédiées aux ménages modestes. La plupart s'adresse aux propriétaires mais aussi aux locataires (Crédit d'impôt pour la transition énergétique, Eco-prêt à taux zéro, TVA à 5,5%, ...) Pour en savoir plus, n'hésitez à faire un saut dans l'Agence locale de l'énergie la plus près de chez vous !

Plus d’info : 

www.alecmetropolemarseillaise.fr

www.ademe.fr/

http://www.anah.fr

www.economie.gouv.fr/particuliers/aides-renovation-energetique


Précarité énergétique : quelles spécificités en PACA ?

La répartition intra-régionale des situations de précarité énergétique en PACA est hétérogène. En effet, plus on s’approche du littoral, moins elle se fait sentir, du fait de températures croissantes. Ce qui explique sa plus faible importance dans cette région. Toutefois, « les causes de cette précarité sont plus fortement liées aux déplacements », indique Isabelle Tretout, cheffe de l'unité Qualité des bâtiments à la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). En effet, sur les 12% des Provençaux en situation de précarité énergétique, seuls 5,5% le sont à cause de problématiques liées à l'habitat. Pour les 7,7% restants, ce sont les dépenses en carburant qui pèsent le plus dans leur budget.

 


Trois questions à Florence Rosa, présidente d'Envirobat Méditerranée

« Il faut arrêter de gaspiller l'énergie »

À l’occasion du Rendez-vous de la Rénovation Énergétique en Provence-Alpes-Côte d’Azur le 8 juin dernier, nous avons rencontré Florence Rosa, présidente d’Envirobat Méditerranée. Ce réseau coordonne les acteurs professionnels du bâtiment et de l’aménagement afin de proposer des outils adaptés à la transition énergétique et écologique en climat méditerranéen. Florence Rosa revient avec nous sur les enjeux de la rénovation énergétique en Paca.

 

Comment  adapter  les travaux de rénovation énergétique au climat méditerranéen ?

En travaillant ensemble avec des experts sur tous les aspects : la qualité des matériaux pour une bonne qualité de l’air, la ventilation, l’analyse de l’environnement, les potentiels existants du bâtiment, l’énergie bien évidemment, mais l’eau également. Pour le territoire et le site, il est important de travailler sur les espaces extérieurs en méditerranée. Il faut réfléchir à l'intégration de patios, à la place de l’ombre dans les jardins, à l’implantation des arbres par rapport à la taille et aux formes de leurs  feuilles, … Par exemple,  il ne faut pas planter un arbre à feuilles persistantes côté sud car en hiver, il masquerait le soleil. Par contre, on peut plus aisément mettre des arbres à feuilles caduque au sud de façon à ce que, en été quand les feuilles repoussent, un masque solaire protecteur se forme. Si nous ne réfléchissons pas à l’orientation du bâtiment et à la pénétration du soleil dans les différents volumes, la structure risque de se trouver rapidement confrontées à de graves problématiques de confort.  Une baie vitrée plein ouest sans protection solaire, dans nos climats c’est catastrophique.

Quelles sont les bénéfices pour l’usager souhaitant faire cette démarche de rénovation énergétique ?

Dans une maison ou un appartement, on a toujours besoin de faire des travaux, de s’approprier son logement, son bureau. C’est important de se dire qu’on va le faire en pensant à la baisse des consommations énergétiques, ce qui impliquera une baisse des factures de gaz ou d'électricité. Pourtant, ce qui motive surtout les usagers, notamment les particuliers, ce ne sont pas les économies d’énergie. Mais c'est avant tout de se faire plaisir, d'embellir son bâtiment et d'être fier de sa rénovation complète et globale. Or il faut aujourd'hui arrêter de gaspiller l'énergie. Cela passe par une modification de  nos modes de vie. C’est presque un petit projet de société. Car tout le monde est concerné par l’aménagement, le bâtiment et par l'organisation des villes. A partir du moment où la société civile  se met en mouvement, on peut réaliser de grandes choses.

Selon vous, pourquoi est-il impératif d'initier cette démarche de rénovation énergétique ?

Elle est tout simplement nécessaire parce que le secteur du bâtiment représente 40 à 45% des émissions  de gaz à effet de serre en France. C’est énorme ! En quinze – vingt ans, les démarches environnementales n'ont pas dépassé 10% des rénovations de bâtiments. Ça ne bouge pas assez vite. Il y a encore un travail énorme à effectuer. C’est important que, à tous niveaux, d’autres acteurs et professionnels  nous rejoignent dans cette dynamique. Ce processus humain de progression est d’une grande richesse et c’est ce qui nous a fait réagir. Envirobat est dans une optique d’accompagnement, d’économie sociale et solidaire pour créer des outils qui répondent à un véritable besoin : celui des enjeux de demain, pour répondre à une planète dans laquelle nos enfants pourront vivre.

 

Plus d’info :

www.envirobatbdm.eu

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