feminisme

[TRIBUNE] Pour le développement d’un leadership environnemental au féminin

Créé le : 16/04/2021
pixabay- femme

crédit photo : pixabay

Par Céline Pagès, 

pour Les Earthship Sisters

C’est l’histoire de Céline, fondatrice de « Greener Cynergies » crée le jour de la Terre, pour accélérer le rapprochement des hommes et des structures en faveur de la transition écologique, ou celle d’Estelle qui lance en pleine pandémie « Vitrolles en Transition », ou celle encore d’Amapola maire de la commune de Cabriès, partie en croisade politique pour une « écologie intégrale » lors des élections municipales … Parcours à la fois très différents et tellement proches en même temps. Femmes de tout âge et de tout horizon, elles sont de plus en plus nombreuses à s’engager concrètement et activement dans la préservation de la planète. 

Cet engagement ne répond pas seulement à un sentiment d’urgence et une envie grandissante d’agir, celui-ci est aussi la résultante d’un manque réel de représentation des femmes à toutes les échelles des organes de gouvernance ou métiers à responsabilités. Si la parité est aujourd’hui mieux prise en compte, elle est encore loin d’être atteinte sur l’ensemble de la planète, et on constate que beaucoup de progrès restent à réaliser au sein de l’Union européenne. Selon des études menées en 2019 par le cabinet KPMG*, 16 % des PME et ETI ne comptent pas de femmes dans leur équipe de direction dans l'Union européenne, un taux par exemple deux fois plus élevé qu'en Afrique et en Amérique du Nord.

Or, de plus en plus d’organisations internationales (UNESCO, IUCN, ONU…) reconnaissent le rôle primordial des femmes dans la transition sociétale dont nous avons besoin pour affronter les grands challenges sociaux et environnementaux à venir. S’appuyant sur un mode de leadership plus collaboratif et disposant souvent d’une plus grande intuition naturelle très utile pour la prospective, les femmes ont ainsi largement un rôle à jouer dans cette période de transition que nous vivons pour concilier impératifs économiques et respect de l’environnement. En Provence comme ailleurs, il est ainsi urgent que des personnalités féminines émergent et s’expriment largement.

L'initiative des Earthship Sisters, basée à Marseille tout en étant ouverte sur le reste du monde, a été conçue en ce sens et accompagne chaque année une vingtaine de femmes de différentes nationalités et porteuses de projets environnementaux. Les « Sisters » sélectionnées sont ainsi amenées - à l'aide d'un programme de formation - à devenir des ambassadrices de l'environnement au leadership original et assumé, et des entrepreneures à impact positif qui sèment l'envie d'agir.

Après la prise de conscience doit venir le temps de la mobilisation et de l’action pour chacun. La mise en avant des potentialités féminines est incontestablement un des leviers intéressants à privilégier en priorité pour soutenir la résilience de notre territoire. Pour ceux souhaitant matérialiser de façon concrète et originale leur engagement en la matière, il est possible de le faire à nos côtés.

Plus d’infos : Le concept Earthship Sisters - Earthship sisters (earthship-sisters.fr)

LEADERSHIP ENVIRONNEMENTAL ET TRANSITION ECOLOGIQUE (helloasso.com)

[ PÉTITION ] Des associations et ONG appellent à préparer "le jour d'après"

Créé le : 07/04/2020
Photos : Orna Wachman/Pixabay

Jusqu'au mardi 7 avril, 15 associations et syndicats, dont la FSU, lancent une pétition pour un "Jour d'Après écologique, féministe et social". Cette pétition est issue de la tribune "Plus jamais ça, préparons le jour d'après".

Les 15 organisations* souhaitent faire entendre leur voix pour défendre des mesures sociales, environnementales et féministes dans le but de "construire le monde d'après". Selon elles, il est vital de repenser et reconstruire un système qui ne mène qu’à l’impasse, preuve en est aujourd'hui. Une impasse sanitaire, mais aussi sociale et climatique, contre laquelle ces associations et ONG luttent depuis des années.

Cette crise sanitaire représenterait pour elles une "opportunité historique", celle de remettre à plat d’un "système injuste, climaticide et sexiste".

 * Liste des associations : Action Non-Violente COP 21, Alternatiba, les Amis de la Terre France, Attac France, CCFD Terre Solidaire, Confédération paysanne, CGT, Convergence nationale des Services Publics, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Copernic, Greenpeace France, Oxfam France, Reclaim Finance, Union syndicale Solidaires, 350.org

> Plus d'infos.

#YoutubeusesDay : « Donner de la visibilité aux créatrices »

Créé le : 07/07/2016
Crédit Photo : Les Internettes

Mercredi 29 juin, c'était le #YoutubeusesDay ! Une journée dédiée aux vidéastes féminines sur Youtube pour attirer l'attention sur le manque de visibilité général des femmes sur Internet.
A l'origine de l'événement, un collectif flambant neuf : Les Internettes. Après la Néocast de 2016, qui ne comptait que peu d'invitées féminines, un groupe de créatrices ont voulu se rassembler.

 

« L'idée c'était de trouver une initiative positive pour augmenter la visibilité des créatrices sur Youtube plutôt que de simplement pointer du doigt ce qui ne va pas, on voulait se détacher du point de vue dénonciateur qu'adoptent les grands médias comme la télévision » nous explique Marion Seclin, co-fondatrice des Internettes. « Le #YoutubeusesDay, c'était aussi le jour officiel du lancement de notre collectif et on voulait frapper fort. Ça a d'ailleurs bien marché, on a été parmi les Top Trends [NDLA : Il s'agit des sujets les plus populaires] de Twitter France toute la journée. »
Et maintenant ? Le collectif a une liste de plus de 300 Youtubeuses, et partagera deux fois par jour des chaînes Youtube féminines. « On souhaite de même accroître la visibilité dans les événements comme les salons ou les conventions, mais aussi pousser les filles à se lancer. La présence des filles se résume souvent aux chaînes beauté. C'est très bien, mais on veut dire aux filles : « si c'est ce que vous voulez faire, allez-y, foncez, mais vous êtes toutes aussi légitimes pour aborder d'autres sujets. » Et contrairement à la télévision, sur Internet, on peut se lancer sans piquer la place d'un autre, il y a de l'espace pour tout le monde. »

 

Pour l'occasion, Sans Transition donne la parole aux Youtubeuses françaises et talentueuses. Toutes mettent en avant leurs difficultés à s'imposer dans un milieu dominé par les hommes et les commentaires sexistes auxquels elles sont confrontées.

 

Margot de Vivre Avec

 

« La différence principale avec les hommes [cis*] sur Youtube, c'est la mention du physique dans les commentaires. Quand ça fait un quart d'heure que je parle de comment mieux prendre en compte le handicap en tant que valide et qu'on me répond « Tu es jolie », non, ça ne fait pas plaisir. On élimine le propos, comme si la seule chose qui nous donnait de la valeur en tant que femme, c'était l'apparence, et c'est pareil pour les femmes politiques par exemple. C'est ça, aussi qui freine la présence de femmes, c'est inévitable dès qu'on a de la visibilité, on est obligées de s'y préparer. »

 

 

Florence Porcel, Youtubeuse scientifique

« Les commentaires misogynes et sexuels, c'est tous les jours », commence Florence.

« Quand j'ai lancé ma chaîne, je présentais mes vidéos avec une voix-off pour éviter ça. Suite à un CV vidéo que j'avais mis en ligne, j'avais reçu des menaces de viol, de mort... A chaque vidéo je me dis « c'est la dernière, j'en ai marre » et puis je continue. On a une appréhension en tant que femme qu'on ne devrait pas avoir. Et par rapport aux autres chaînes scientifiques, l'audience est moindre, ce n'est pas la seule raison bien sûr, mais c'est aussi sans doute parce que le public est surtout masculin et qu'ils ne s'identifient pas autant. »

 

 

Cordélia de Princ(ess)e

Après deux ans passés sur Youtube, Cordélia de Princ(ess)e a remarqué des différences de traitement par rapport à ses homologues perçus comme homme cis : « Ce n'est pas toujours méchant, au début c'était des commentaires qui débutaient par la validation de mon physique, alors que ce n'est pas la question. » Avec la hausse de son audience, ce sont des commentaires haineux qui ont commencé à apparaître, notamment LGBTphobes. « J'ai deux chaînes, une sur les livres où les commentaires sont plus axés sur le physique, et où je reçois aussi des commentaires comme « tu es stupide », ce genre de choses. Sur Princ(ess)e, je suis confrontée à beaucoup de haine, beaucoup de gens qui m'expliquent longuement pourquoi j'ai tort et que les bi/asexuels ou trans n'existent pas. C'est violent. »

 

 

Nemellia, Youtubeuse Gaming

« Personnellement, je n'ai pas eu trop affaire à des commentaires sexistes. J'ai quand même des réflexions comme « tu te débrouilles bien, pour une fille »... Je pense que ça part d'une bonne intention mais c'est révélateur... Jusqu'à il y a peu, je ne montrais pas mon visage quand je streamais [NDLA : jouer en diffusant en temps réel une vidéo de la partie], entre autres pour éviter de rameuter des gens qui draguent : statistiquement, j'ai plus de risques de tomber sur ce genre de personnes qu'un homme. Mais je m'en sors bien. Je pense que ça tient aussi au fait que j'ai un public assez mature, plus vieux que mes homologues masculins notamment. La communauté geek sexiste, c'est surtout celle des « Kevin » de 13 à 17 ans,pour qui "les filles ça ne joue pas aux jeux vidéos". Par contre, en comparaison avec les Youtubeurs, j'ai l'impression qu'il faut que je fasse mieux qu'un homme pour être traitée pareil. Si je devais donner un conseil à une fille qui veut se lancer, je lui dirais de se forger un caractère, de se préparer à encaisser : sous couvert de pseudos, certaines personnes se lâchent et sont blessantes. Il faut s'accrocher et prendre de la distance par rapport à ça. »

 

* Cis : Une personne cis est une personne dont l'identité de genre correspond au genre assigné à la naissance.

 

Amaëlle Olivier

 

Plus d'infos

Les Internettes

Vivre Avec

"Le succès, Youtube, le sexisme et moi" de Florence Porcel, et sa chaine Youtube

Princ(ess)e

Nemellia

Macha Meril : « La transition, une nouvelle aventure »

Créé le : 23/06/2016

A Marseille, nous avons rencontré Macha Meril, artiste aux moyens d'expression diversifiée, pour parler des luttes des femmes et des problématiques de transition. Son livre, L'Arithmétique de la Chair, est paru en mars 2016.

Retrouvez son interview sur le Soundcloud du magazine.

 

Plus d'infos :

http://livre.fnac.com/a9324856/Macha-Meril-Arithmetique-de-la-chair

Partager

S'abonner à feminisme