écologie

[ LE WEB SONNE ] Le replay de l'émission avec Pierre Rabhi

Créé le : 28/04/2021
Le Web Sonne avec Pierre Rabhi

Pierre Rabhi était notre invité du Web Sonne, notre émission participative, avec pour thème "La sobriété pour sortir de la crise". Vous avez été très nombreux·ses à participer, mille mercis !

Pierre Rabhi est un paysan, agroécologiste et essayiste français. Il est le fondateur du mouvement des Colibris et de l’association Terre & Humanisme qui transmet et soutient l’agroécologie en France et dans 7 pays du pourtour méditerranéen et d’Afrique de l’Ouest. Il œuvre pour repenser le vivre-ensemble et pour une société plus respectueuse des humains et de la Terre.

Comment déterminer ce qui est utile et important ? Comment convaincre autour de soi de l'importance d'un autre modèle de société ? Comment sensibiliser les enfants à la sobriété heureuse ? Quelles sont les étapes élémentaires pour mettre en oeuvre un projet de ferme agroécologique ? Que peut-on attendre des dirigeants politiques ? Pierre Rabhi a répondu a répondu à vos nombreuses questions lors de cette émission participative.

Pour (re)voir l'émission :

Merci à tout·es pour votre participation et vos questions !

Organisée avec le soutien de Montpellier Business School et Harmonie Mutuelle et en partenariat avec Atmo Sud, Biocoop, RES et Aval Bio Sud.

> Retrouvez tous nos événements sur la page Conférences !

[ INACTION CLIMATIQUE ] Appel à mobilisation à Amiens

Créé le : 26/02/2021
Manifestation contre l'inaction climatique. Photo : Pixabay

Action non-violente COP21 annonce une grande mobilisation le 23 mars à Amiens pour le procès de la génération climat.

Alors que le rapport du HCC analysant le projet de loi climat et résilience confirme ce que dénonce la société civile depuis des semaines : le projet de loi n’est pas à la hauteur de l’urgence climatique, Gaspard, jeune citoyen de 19 ans, est poursuivi pour avoir décroché le portrait présidentiel dans la mairie de la ville natale d’Emmanuel Macron. Le prochain procès pour décrochage de portrait aura lieu le 23 mars à Amiens. Action non-violente COP21 annonce un temps fort de mobilisation : “Gaspard face à Macron : le procès de la génération climat”, l’occasion d’apporter du soutien à Gaspard et de montrer qu’une grande partie de la population soutient le constat scientifique de l’urgence climatique et de l’inaction gouvernementale. 

> Plus d'infos

> Retrouvez très bientôt le dossier de la rédaction de Sans transition ! magazine consacré à la victoire citoyenne contre l'inaction climatique !

[ENTRETIEN] Isabelle Delannoy : « Notre vision de l’économie doit être connectée avec la nature »

Créé le : 27/11/2020
isabelle delannoy/ crédit Julien dezécot

crédit photo: JD

Propos recueillis par Julien Dezécot

Engagée depuis 30 ans, Isabelle Delannoy a co-écrit le film Home et La Terre vue du ciel avec Yann Arthus-Bertrand. Ingénieure en agriculture, cette militante a également rédigé L'économie symbiotique. À l'heure de la Covid, son livre résonne comme une proposition politique, pour une véritable transition économique. Rencontre.

 

Dans votre ouvrage L’économie symbiotique, sorti chez Actes Sud en 2017, vous développez une autre manière de connecter économie et écologie. Pourriez-vous nous expliquer cette économie symbiotique ?

C’est à travers l’économie que nous traduisons concrètement notre vision du monde, dans la manière dont on produit ou comment les humains échangent entre eux. Pour être symbiotique, c'est-à-dire pour que notre prospérité se couple avec celle de la Terre, notre vision de l’économie doit être connectée avec la nature. J'observe qu'une frange de l'économie est déjà en train de muter dans cette direction. Elle est minoritaire mais significative. Ce sont les communes qui changent, les entreprises et notamment les TPE-PME, ainsi que quelques grandes entreprises qui ont encore une dimension familiale, même cotées au CAC40. J'observe un vrai mouvement dans le monde entier : aux États-Unis, en Russie, et même en Chine… Ce sont les régénérateurs !

Pouvez-vous nous présenter les trois piliers de l’économie symbiotique qui, mis en musique ensemble, pourraient créer la symbiose catalysant le...

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[INTERVIEW] Sébastien Bohler : « Notre civilisation qui a promis le bonheur à travers la consommation est en train de détruire notre planète. »

Créé le : 25/11/2020

Crédit : Pixabay. Les galeries Lafayette, à Paris, temple de la consommation.

Propos recueillis par Catherine Stern 

Sébastien Bohler, docteur en neurosciences, nous explique que nous devons nourrir notre cerveau avec du sens plutôt qu’avec de la consommation.

Dans votre essai le bug humain, vous expliquez que notre société consumériste s’adresse à une partie de notre cerveau qui est incapable de nous apporter le bonheur...

Si on abreuve notre striatum (structure nerveuse située sous le cortex et impliqué notamment dans la motivation alimentaire ou sexuelle, ndlr) avec des séries télé, des téléphones, des voyages, il en voudra toujours plus. Il n’y a pas de joie possible de cette façon-là car toute satisfaction obtenue se traduit par une insatisfaction l’instant d’après et le besoin de nourrir de nouveaux désirs. Notre civilisation qui a promis le bonheur à travers le confort et l’accès à la consommation n’a pas tenu ses promesses et elle est en train de détruire notre planète.

Vous expliquez dans votre dernier essai Où est le sens ? qu’il faut donc s’adresser à une autre partie de notre cerveau…

Malgré le confort et la consommation, nous ne sommes pas plus heureux qu’avant, et même beaucoup moins, parce qu’il y a énormément de dépressions, d’anxiété, de sentiment de vide chez les gens. Si on veut chercher du bonheur, il faudrait s’adresser à notre cortex cingulaire, une partie de notre cerveau (située entre nos deux hémisphères cérébraux, ndlr) qui cherche à savoir où on va, pourquoi on agit, quel est le sens de nos actions et de nos existences. C’est une bataille à l’intérieur de nos têtes, avec un choix entre continuer à être dans la consommation, le plaisir dans l’instant, et activer la partie de notre cerveau qui désire de la compréhension, de la cohérence, une direction. Pour le nourrir, nous avons besoin d’autres carburants cérébraux, comme les valeurs, les systèmes de vision du monde.

Comment articuler cette compréhension du cerveau avec les changements nécessaires ?

Les seules idées partagées qui permettent à notre société de tenir aujourd’hui sont la production, la consommation, le pouvoir d’achat et la croissance. Elles nous tiennent lieu de valeurs morales et sous-tendent un édifice social, économique, civilisationnel très efficace. Mais ces valeurs sont inadaptées à leur temps et nous emmènent dans le mur à très court terme. Soit on se pose ces questions, soit on disparaît. Au cœur du débat brûlant auquel on va devoir s’attaquer, il y a une révolution de valeurs pour définir celles qui nous réunissent pour fonder une vision du monde partagée.

Ce travail doit-il se faire individuellement ou collectivement ?

Une part du travail est à faire individuellement parce que le besoin de sens est à chercher à l’intérieur de soi, en se demandant si ce qu’on fait en accord avec nos valeurs aura un impact positif sur le monde de demain. Mais comme on vit dans des sociétés organisées, il faut aussi une offre politique qui s’adresse à notre besoin de sens et propose ce débat sur les valeurs.

Cette offre politique existe-t-elle ?

Il y a quelques années, la décroissance était une lubie d’extrémiste, alors qu’aujourd’hui, c’est sur la table du débat public. Certaines personnes s’interrogent et parlent de plus en plus de sobriété, d’altruisme, de pleine conscience. Mais d’autres, celles qui ont le pouvoir, se cramponnent aux valeurs de l’ancien monde. Mais quand on regarde les choses en face, on voit qu’il va falloir sacrifier des choses. Renoncer c’est dur, mais dans la logique du cerveau qui veut du sens, ça prend sa place. Nous arrivons à la fin d’un cycle qui aura lieu soit dans la douleur par l’effondrement, soit par une remise en question délibérée de nos systèmes de gouvernance.

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « Devant l’effondrement »

Créé le : 19/07/2020
Crédit : Pixabay

Crédit : Pixabay

Dans cette nouvelle Chronique Littéraire, Sans Transition ! revient avec de nombreux ouvrages proposant une réflexion sur l'urgence climatique et la nécessaire transition écologique. Du guide de l'innovation frugale au sauvetage de la vie sur Terre en passant par l'effondrement... Bonne lecture !

La vie passionnante de Coline Serreau

Coline Serreau est une artiste totale et engagée, surtout connue comme réalisatrice de Trois hommes et un couffin, La crise, La Belle Verte ou Solutions locales pour un désordre global, ou comme autrice de pièces de théâtre inoubliables (et aux titres improbables comme Quisaitout et Grobêta ou Lapin Lapin). Également appréciée comme actrice, on sait moins qu'elle est aussi photographe, peintre ou directrice de chorale. Elle a abordé avant tout le monde des thèmes tels que la crise écologique, le droit des femmes, la santé, les travers du consumérisme et du libéralisme, etc. À 70 ans, elle livre pour la première fois une autobiographie originale en trois parties et vingt-trois hashtags. Elle raconte d'où elle vient et à qui elle doit ses influences, sa famille et ses ancêtres, son parcours artistique tous azimuts... Elle confie aussi ses pensées, ses réflexions sur notre société, le futur, les sujets qui la passionnent, révoltes et bonheurs. Une lecture passionnante !

#COLINESERREAU, Coline Serreau, Actes Sud, octobre 2019, 208 pages, 29 euros

 

Pendant le compte à rebours

L'homme politique, mathématicien et collapsologue Yves Cochet, expose ses théories et pratiques sur l'imminence de l'effondrement et comment s'y préparer. Il vit aujourd'hui dans une ferme expérimentale en Bretagne où il a déjà tout mis en place pour faire face au basculement dans les 30 prochaines années. Il examine les origines écologiques, économiques, financières et politiques de cet effondrement et, surtout, leurs relations systémiques. Les étapes de l’effondrement seront notamment une réduction importante de la population mondiale, une ruine des États incapables de gérer les questions de santé ou de sécurité, la fin des énergies fossiles et nucléaire, le passage obligé vers une alimentation plus végétale, plus locale, plus saisonnière ou l’avènement d’une mobilité low tech, sans voitures ni avions. Un dernier livre avant la fin d'un monde ?

 Devant l'effondrement, Essai de collapsologie, Yves Cochet, Les Liens qui Libèrent, septembre 2019, 256 pages, 18,50 euros

 

Une réponse à l'urgence sociale et écologique

Les auteurs, conseiller en innovation et professeur de marketing, montrent comment les entreprises peuvent répondre aux attentes des consommateurs en quête de sens et soucieux de l'environnement. Ce livre s'adresse plutôt aux dirigeants, décideurs et étudiants. Il propose de répondre aux objectifs de développement durable de l'ONU plus vite, mieux et pour moins cher ! Cette stratégie de croissance révolutionnaire vise à innover grâce à des produits durables, à l'impact positif sur la société et la planète. Ils s'appuient sur l'expérience de 50 entreprises pionnières, et néanmoins multinationales, et des exemples français. Les six principes fondamentaux sont des outils pour réussir dans ce sens. Une vision optimiste.

 Le guide de l'innovation frugale. Les 6 principes clés pour faire mieux avec moins, Navi Radjou et Jaideep Prabhu, traduit de l'anglais (États-Unis) par Anaïs Bon, préface de Paul Polman, Diateino, 384 pages, 24 euros

 

Sauver la vie sur Terre

Qu'est-ce que le New Deal Vert ? Jérémy Rifkin expose son projet économique et sociétal basé sur une prise de conscience sur l'état de la planète. Il s’agit d’un véritable plan de transition globale pour un monde post-énergies fossiles qui permettrait de produire 100 % de l’électricité à partir de sources propres et renouvelables ; d’améliorer et d’augmenter l’efficacité du réseau énergétique, du réseau des transports ou du secteur du bâtiment ; d’investir dans la recherche et le développement de technologies vertes ou de proposer de nouveaux emplois nés de cette nouvelle économie. Les solutions existent et sont à notre portée. Aujourd’hui, les intérêts des dirigeants politiques, économiques et financiers convergent avec ceux des citoyens : c’est ce que démontre Jérémy Rifkin dans ce manuel documenté qui redonne de l’espoir et l’envie d’agir pour la planète.

 Le New Deal Vert Mondial, Pourquoi la civilisation fossile va s'effondrer d'ici 2028. Le plan économique pour sauver la vie sur Terre, Jérémy Rifkin, Les Liens qui Libèrent, octobre 2019, 304 pages, 21,80 euros

 

Changer la ville et… le Monde

Dans Tous acteurs de la Révolution verte. Changer la ville, changer le monde, le collectif « Merci Raymond » invite à repenser le modèle de nos villes afin de s'y sentir mieux.
Pour eux, la clé réside dans la réintroduction du végétal à laquelle chacun à son échelle peut participer. Par exemple, l'agriculture urbaine développée sur des espaces non exploités comme des parkings ou des terrains vagues permettrait de redonner à la ville sa fonction nourricière. Cette idée illustrée par la mise en fonction de jardins partagés montre qu'en plus de favoriser la sociabilisation, d'être source d'intégration pour certaines populations, elle offre des vertus thérapeutiques tout en permettant à nos petits citadins d'apprendre les bases du jardinage. Ces jardiniers urbains comme ils aiment se nommer, nous expliquent également comment il est possible de re-végétaliser nos cités grâce à une nouvelle vision verte de l'architecture. Pour eux, cette dernière doit devenir durable en visant le biomimétisme et la ville résiliente. Par exemple, il est possible comme certains l'ont déjà fait de développer l'apiculture sur les toits des immeubles. Très pragmatiques, 25 actions très simples sont détaillées avec des illustrations pour devenir acteur de la révolution verte. Voici un livre très instructif et positif redonnant espoir en l'avenir d'une vie urbaine. Ce livre permet de prendre conscience qu'il est possible de vivre mieux en ville en étant acteur du changement. Il ouvre également une voie possible vers tout un panel de nouveaux métiers qui sont en train de se développer : Agriculteurs dépollueurs, Designer végétal ou encore e-agriculteurs. Il donnerait presque envie de retourner vivre en ville pour répondre à ce défi !

 Tous acteurs de la révolution verte. Changer la ville, transformer le monde. Merci Raymond (collectifs de jardiniers urbains), Marabout ed., 175 pages, 14,90 euros

 

Cocooner dans sa maison écolo

Dans Ecocooning, une maison écolo, c'est confortable, Elise Rousseau nous livre une BD pleine d'humour qui met du baume au cœur. Grâce à une poule bio très inspirante qui débarque inopinément dans son jardin, la narratrice devenue très récemment hyper allergique va revoir entièrement sa façon de vivre. Ainsi, tout va passer au crible: ses produits d'entretien, de salle de bain, ses matériaux de construction, l’intérieur de ses placards, sa façon de cuisiner, son jardin. Rien n'est oublié! Sans professer une leçon moraliste, cette gallinacée prénommée Cocotte donne des clés afin de se sentir davantage en adéquation avec ce dont nous avons réellement besoin tout en faisant du bien à soi-même et à la planète. Sortir de la société de surconsommation, repenser son intérieur tout autant que son extérieur vont encourager l’héroïne à se créer une vraie maison douillette et écologique avec tout ce que cela revêt. Sans tomber dans le minimalisme extrême, elle exhorte par exemple à réfléchir à ses vrais besoins. En ce sens, des exercices pratiques personnels: « le cahier pratique de Cocotte» jalonnent toute la BD en officiant presque comme un guide de développement personnel pour revenir au principe de « sobriété heureuse ». Tout cela avec beaucoup de légèreté.
Voici donc une BD très drôle qui invite finalement à réfléchir en profondeur sur sa façon de vivre. De façon sous-jacente elle touche à une question essentielle de notre existence: comment être heureux ?

Ecocooning, Une maison écolo, c'est confortable ! Elise Rousseau, Delachaux et Niestlé  ed.Paris, 2019, 125 pages, 15,90 euros

 

Comment renverser les multinationales

Vandana Shiva, la militante et féministe indienne, démontre de façon saisissante le pouvoir destructeur des multinationales et des milliardaires. Ces ultra-riches (dont Bill Gates, Warren Buffett, Mark Zuckerberg) représentent 1 % des habitants de la Terre et ont conduit les autres 7 milliards à des inégalités sociales exacerbées, à la pauvreté et la malnutrition, aux crises migratoires... Leurs fondations et fausses œuvres humanitaires ne sont qu'une façon d'échapper au contrôle des structures démocratiques pour accroître leur pouvoir et multiplier leurs profits. Ils supervisent l'alimentation, l'information, la finance, l'énergie... Vandana Shiva propose des pistes pour renverser la balance, sauver la démocratie, renouer avec la nature et l'identité humaine.

 1 % : reprendre le pouvoir face à la toute-puissance des riches, Vandana Shiva, Rue de l'échiquier, août 2019, 184 pages, 19 euros

 

Nous voulons des produits sains

L'auteur de Nous voulons des coquelicots, Fabrice Nicolino, livre une enquête choc sur le scandale sanitaire des fongicides SDHI (Succinate DeHydrogenase Inhibitor : inhibiteurs de la succinate deshydrogénase) qui servent à détruire les champignons et moisissures des récoltes. Ils sont présents dans 80 % des surfaces de blé, sur l’orge, les arbres fruitiers, les tomates, les semences, les pommes de terre, les terrains de sport, etc. Or, ils s’attaquent à la fonction respi­ratoire des êtres vivants (la SDH) et entraînent chez l'homme des maladies neurologiques et des cancers. Des scientifiques du CNRS, de l’Inserm et de l’Inra ont alerté en 2018 les autorités, mais les lobbies de l'industrie agro-chimique nient tout problème de santé publique. L'auteur dénonce les liens étroits entre ces lobbies et les institutions publiques de veille sanitaire, dont l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), d'où des conflits d’intérêts graves pour notre santé.

Le crime est presque parfait, Fabrice Nicolino, Les liens qui libèrent, septembre 2019, 224 pages, 20 euros

 

Pour un cerveau éclairé

Stéphanie Brillant a réalisé le film documentaire Le cerveau des enfants, un potentiel infini (2017) et consacre désormais son travail à l’éducation éclairée. Dans cet ouvrage, elle explique comment assurer aux enfants un meilleur équilibre psychique et physique, ainsi qu'un plus grand épanouissement social et professionnel, avant la naissance et pendant les premières années. Elle ouvre des pistes de réflexion originales pour comprendre le fonctionnement du cerveau et aborde divers sujets liés entre eux : émotions, croyances, fonctionnement de la mémoire, hygiène de la pensée, importance de l’engagement physique et social. L’essentiel est dans la qualité de la relation qu'on entretient avec eux, de la façon la plus positive possible. Avec des exemples concrets, des exercices pratiques et des jeux faciles à expérimenter au quotidien.

 Guide du cerveau pour parents éclairés, Stéphanie Brillant, Actes Sud, septembre 2019, 304 pages, 22 euros

 

La Terre nous écrit pour la sauver

Geneviève Azam, économiste, spécialiste du climat et altermondialiste, écrit un essai sous la forme originale d'une lettre à la Terre, une déclaration d'amour face au désastre écologique, aux dérèglements climatiques (et humains) et au mirage d'un capitalisme vert. Elle propose, aux Terriens « déterrestrés » que nous sommes devenus, un rapport plus sensible et direct à la Terre, un lien à renouer. L'autrice a également imaginé la réponse de la planète qui est d'accord avec les alliances, mais pas n'importe lesquelles ni avec n'importe qui, quitte à détruire des projets contre-Nature. La Terre nous demande de nous soulever avec elle pour répondre à l'immense défi pour la sauver, car ce sont nous, humains, qui gardons l'action politique. Geneviève Azam lance un appel à la désobéissance, à la résistance et à la lutte contre ce qui menace la vie.

 Lettre à la Terre. Et la Terre répond, Geneviève Azam, Seuil, septembre 2019, 192 pages, 17 euros

 

Rester (ou devenir) vegan et convivial

Annie Nichols est anglaise et ses talents culinaires sont internationaux. Elle dirige un « super club » végétalien et sait faciliter la vie des végans avec une cuisine rapide et goûteuse pour tous. Le véganisme comptent des millions d'adeptes avec des approches multiples : choix éthique, environnemental, politique ou simplement gustatif pour qui préfère les aliments d'origine végétale. Mais parfois, les habitudes alimentaires des végans sont restrictives et difficilement compatibles avec celles des autres. Du petit déjeuner en passant par l'apéro et le souper, voilà une foultitude d'idées, d'astuces et de conseils, et 65 recettes pour continuer à partager de bons repas avec ses amis. Pour que plaisirs et convivialité s'invitent à toutes les tables !

Comment manger végan et garder ses amis ? Annie Nichols, Ulmer, septembre 2019, 160 pages, 16,90 euros

 

Mode d'emploi positif pour la transition

Grégory Derville est maître de conférences en science politique et a participé à Beauvais en transition. Déjà auteur d'un livre sur la permaculture, il crée un écolieu à la campagne pour mettre en œuvre concrètement ses travaux. Avec ce livre pratique sur la transition écologique, il explique, en expert et praticien, comment transformer en profondeur le territoire : quartiers, villages, villes. Lucide face à la situation écologique, il propose cependant une vision positive et stimulante du futur pour la construction d'une autre société, en unissant les forces et compétences (famille, amis, voisins, associations, élus locaux...). Voilà un véritable mode d'emploi pour savoir comment s'y prendre et quelles actions mener, s'appuyant sur 9 types d'initiatives détaillées et des exemples précis déjà existants.

 Réussir la transition écologique. Outils pratiques pour agir ensemble, Grégory Derville, préface de Pablo Servigne, Terre Vivante, octobre 2019, 208 pages, 25 euros

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « L'homme qui fait parler les plantes »

Créé le : 18/07/2020
Crédit: Pixabay

Crédit: Pixabay

Dans chaque magazine, Sans transition! chronique les dernières sorties des libraires, sur les sujets qui animent notre rédaction. Nous avons décidé de vous les redonner à lire ici. De l'homme qui fait parler les plantes à une traversée avec Sea Shepherd, faites votre choix. Bonne lecture !

L'homme qui fait parler les plantes

L'ethnobotaniste François Couplan, spécialiste des plantes sauvages et de leurs bienfaits, nous invite à une balade botanique comme il en a le secret. Un secret qu'il partage volontiers quand il raconte des histoires fabuleuses de plantes et l'histoire passionnante des hommes avec elles. C'est avec un réel talent de conteur qu'il nous emmène à la découverte des végétaux, de leur fonctionnement, leur classement et leur dénomination. Il y a celles qui guérissent, celles qui nourrissent, celles qui empoisonnent... L'auteur enrichit sa narration de souvenirs de voyages, de rencontres, d'aventures, de réflexions.  Il nous entraîne ensuite, à travers les époques, dans les rapports étroits des plantes et des hommes selon leurs cultures, leurs pays. François Couplan a beaucoup de choses à nous dire sur les plantes et le dit bien.

 Ce que les plantes ont à nous dire, François Couplan, Les Liens qui libèrent, mars 2020, 352 pages, 22 euros

 

Embarquez avec Sea Shepherd

Passionné de plongée sous-marine et du monde marin, Guillaume Mazurage rencontre le capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, ONG de défense des océans. Il embarque alors à bord d'un navire de l'organisation écologiste pour une expédition de sauvetage du marsouin vaquita, en voie d’extinction, qui périt d'étouffement dans des filets qui ne lui sont pas destinés. De cette aventure et d'une enquête approfondie, il crée sa première bande dessinée, très réussie, guidé par des maîtres en la matière : le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières. L'album est donc le récit de la vie à bord de ces éco-pirates, qui jouent aussi le rôle de police des mers, et de leur combat quotidien et périlleux contre la mafia. Une BD captivante comme un documentaire et digne des grandes aventures à la Moby Dick.

 Sea Shepherd. Milagro, Guillaume Mazurage, éditions Robinson, juin 2020, 56 pages, 11,95 euros

 

Que les éco-anxieux se réjouissent !

Vous êtes lucide sur l'état de l'environnement et vous êtes désespéré ? C'est normal. Mais consolez-vous : Laure Noualhat a des remèdes à votre mélancolie. Cette spécialiste de l'environnement, ancienne journaliste de Libé qui écrit actuellement pour Yggdrasil et Siné, aurait pu intituler son livre Tchernobyl mon amour car elle a dépassé le burn-out écolo. S'appuyant sur les étapes psychologiques et successives du deuil, elle a une vision très réaliste de l'état du monde. Néanmoins, elle redonne espoir à tous les éco-anxieux en insufflant du sens à la vie, notamment par une véritable ode à la nature, à la méditation, etc. Elle imagine également un futur idéal où la loi défendrait mieux l'environnement. Son cheminement est passionnant, très documenté, et servi par un style vif et plein d'humour : un essai très agréable à lire et réjouissant !

 Comment rester écolo sans finir dépressif, Laure Noualhat, éditions Tana, mai 2020, 256 pages, 18,90 euros

 

Planter les graines d'un nouveau monde

« Renoncer à une part de nous pour aller vers l’inconnu, sans avoir la certitude de réussir, sans connaître notre état du lendemain... La définition même de l’aventure ! » C'est un véritable guide de l'aventure — avec carnet de bord, boussole, carte, couteau suisse... — que nous propose Vincent Dubail, militant d'Europe Écologie-les Verts, pour son voyage en utopie. L'utopie écologique nouvelle peut se réaliser, malgré les menaces, pour ne pas subir l'effondrement. Il cite volontiers Oscar Wilde : « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles ». Des alternatives engageantes, positives, solidaires et constructives tissent des liens de fraternité pour mobiliser et changer la société. La vraie vie est ailleurs, mais elle est aussi devant soi, et se sème dans l'imagination pour planter les graines de demain.

 Kit pour voyager en écotopie, Vincent Dubail, éditions Tana, juin 2020, 240 pages, 18,90 euros

 

Vivre dans son temps

Le couturier Azzedine Alaïa a convié, les dernières années de sa vie, avec son proche et auteur de ce recueil Donatien Grau, ses amis architectes, actrices, danseuses, chanteur d’opéra, écrivains, philosophes, légendes de mode, d’art, de design, de cinéma. Deux par deux, ils se sont prêtés au jeu de réfléchir et discuter de leur rapport au temps, au manque de temps, à leur idéal... Ces témoignages très variés, touchants, instructifs, surprenants, nous donnent à réfléchir. Parmi les invités : Jean Nouvel et Claude Parent ; Blanca Li et Rossy De Palma ; Jérôme Batout et Bettina Graziani ; Jean-Claude Carrière et Julian Schnabel ; Isabelle Huppert et Robert Wilson ; Michel Butor et Tristan Garcia ; Adonis et Alejandro Jodorowsky ; Emanuele Coccia et Carla Sozzani ; Charlotte Rampling et Olivier Saillard.

 Prendre le temps, Donatien Grau, mars 2020, 240 pages, 25 euros

Tous les bienfaits du véganisme

Pour ceux qui n'ont pas encore sauté le pas et se posent encore des questions : voilà qui va vous éclairer. Laurence Pieau est journaliste et raconte pourquoi et comment elle est devenue (tardivement) végan. Elle a notamment créé Alternatives Vegan pour parler d'autres voies possibles. Après un état des lieux du véganisme dans le monde et en France, comme autant d'arguments éthiques, elle donne quelques conseils sur la façon de procéder et présente les bienfaits pour la santé. Autrement dit, être végan est bon pour l'esprit, le cœur, le corps, et bien sûr cela préserve l'environnement ainsi que près de 200 animaux par an et par personne. Au passage, l'autrice déglingue quelques bobards sur le sujet, puis passe en revue le pourquoi des interdits du véganisme. Enfin, 20 recettes faciles d'Eva-Claire Pasquier pour se mettre en appétit.

 Tout le monde n’a pas la chance d’être vegan, Laurence Pieau, éditions Harper Collins, juin 2020, 240 pages, 19 euros

 

Cultiver le paradis sur Terre

La célèbre Vandana Shiva présente une synthèse de ses quelque 30 années d’expériences, de recherches et d’actions. Ce livre est également un manifeste en faveur de la transition mondiale. Pour l’activiste indienne, c’est l’agro-écologie, le sol vivant, la biodiversité, la localisation, les femmes, les petits exploitants qui nourrissent l’humanité à 70 %. Ils peuvent devenir la norme, à l’opposé de l’industrie agro-alimentaire qui n’a rien de logique ni de durable, en détruisant la planète et notre santé, et en marchandisant les moyens de subsistance. Vandana Shiva prône bien sûr la vraie nourriture de meilleure qualité, la liberté des semences, la polyculture, les vrais individus, la coopération entre producteurs et consommateurs... Un dernier chapitre indique la voie à suivre. « Utilisons notre énergie pour oeuvrer à la création d’un avenir alimentaire respectueux de la
planète. Lorsque nous travaillons main dans la main, en harmonie, nous pouvons cultiver le paradis sur Terre. »
Qui nourrit réellement l’humanité ? Vandana Shiva, Actes Sud, collection Domaine du possible, février 2020, 192 pages, 19 euros
 

La détox numérique pas à pas

La journaliste hyperconnectée, Laurence Bril, a pris conscience de sonaddiction à internet et aux réseaux sociaux et a décidé d’aller marcher. Elle raconte son cheminement à pas comptés, kilomètre après kilomètre,une façon de prendre de la distance avec le numérique, de revenir à soi, au rythme du monde, de la nature, de l’instant présent. Une manière devoir les choses de ses propres yeux, au grand air, et non à travers un écran et ses diktats de likes et de followers. Elle suit la voie des grands marcheurs, David Breton,Sylvain Tesson... et entame une désintoxication sur une année. Peu à peu, de nouvelles sensations s’offrent à elle. Elle se métamorphose physiquement et psychologiquement. Flâneries, balades, randonnées, courses, excursions, trails... Le temps et les distancess’allongent ; ses performances progressent. Après 3 600 km parcourus, elle revientlentement mais sûrement au numérique. Un itinéraire à suivre pour modérer sesconnexions.Passage piéton. 
 Récit d’une détox numérique par la marche, Laurence Bril, Rue de l’échiquier,février 2020, 136 pages, 12 euros
 
 
Le potager facile et bio
 
Vous aimeriez bien cultiver vos légumes mais vous ne savez pas comment vous y prendre ? Suivez le guide ! Blaise Leclerc est docteur en agronomie et jardinier depuis 40 ans, spécialiste des relations entre agriculture et environnement. Il n’en est pas à son premier livre didactique pour simplifier au maximum le jardinage. Il nous apprend à créer et cultiver simplement un potager en partant du b.a.-ba. Tout est expliqué en détails, même le vocabulaire : comment fonctionne une plante, les techniques de base pour préparer la terre, composter, utiliser des engrais verts, pailler, créer un équilibre écologique, réussir ses semis, ses plantations, son arrosage, etc. Avec photos, astuces, conseils et schémas à l’appui, plus d’excuses pour ne pas s’y mettre.
 Savoir tout faire au potager. Gestes et techniques de base, Blaise Leclerc, Terre vivante, mars 2020,120 pages, 14 euros
 

De l'Anthropocène au Symbiocène

Philosophe de l’environnement, Glenn Albrecht est le spécialiste mondial de l’étude des émotions ressenties envers la Terre, ces « réactions émotionnelles particulières que nous manifestons en réponse au rythme et à l’ampleur du changement environnemental et écologique ». Déjà inventeur du terme « solastalgie » qui traduit l’expérience vécue lors de changements environnementaux négatifs, il propose « une réflexion sur le sens de la vie humaine au temps de l’anthropocène ». En effet, face aux évolutions du monde, nous ressentons de l’anxiété, de la colère, de la nostalgie, de l’abattement : autant d’émotions négatives qui affectent notre santé mentale. Il nous invite à une nouvelle vision du monde pour sortir de la crise écologique : passer au symbiocène. Pour cela, l’auteur propose de nouveaux mots et concepts, c’est-à-dire des émotions et des sentiments positifs pour l’avenir : créativité, santé, harmonie avec la nature et sa beauté. Alors, place au symbiocène !
Les émotions de la terre, Des nouveaux mots pour un nouveau monde, Glenn Albrecht, Les Liens qui Libèrent, février 2020, 368 pages, 23 euros
 
 
Rêvons pour changer le monde 
Pouvons-nous changer le monde et le rendre meilleur ? Rob Hopkins en rêve et pense sérieusement que nous en avons les moyens. Il rejoint l’historien Yuval Noah Harari (Sapiens, une brève histoire de l’humanité) qui affirme que nos vies reposent sur des fictions auxquelles nous voulons bien adhérer. Et si nous refaisions l’histoire ? Ou plutôt : si nous racontions la suite autrement ? Des alternatives radicales, constructives, rapides et inattendues sont possibles dans notre quotidien personnel, professionnel, social. Certaines existent déjà. Il suffirait de mettre l’imagination au centre de nos réflexions. Son programme : prendre soin de sa santé, suivre l’exemple de la nature, nous réapproprier notre attention, développer l’imagination à l’école, et se poser les bonnes questions pour que ces hypothèses voient le jour. Et si le rêve devenait réalité ? Et si tout finissait bien ? Un livre enthousiasmant. Et si... ? 
Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons, Rob Hopkins, préface de Cyril Dion, Actes Sud, avril 2020, 330 pages, 23 euros
 

La terre crue, matériau pour la Terre

Ce très beau livre, grand format, avec de superbes photos, reprend les projets finalistes du concours TERRA Award Sahel+ sur l’architecture en terre crue, matériau ancestral et d’avenir pour le BTP en Afrique et dans le monde entier. L’utilisation des savoir-faire traditionnels dans des projets actuels et modernes pour de nouveaux usages prouve scientifiquement tous ses avantages : matériau renouvelable, extraction facile et locale, utilisable pour l’auto construction mais aussi pour des constructions d’envergure, comme les équipements hôteliers, publics, professionnels... La terre crue est un matériau vivant, sain, qui absorbe odeurs et bruits, régule la température et l’humidité. Et en plus, sa palette de couleurs est magnifique : gris foncé, jaune, rose, rouge ocre de la latérite... Dans le marché du BTP, c’est une renaissance de l’architecture qui contribue à la transition écologique et sociétale. Un magnifique retour à la terre.
Construire en Terre au Sahel aujourd’hui, Odile Vandermeeren, Museo éditions, 130 pages, 25 euros

 

[PROVENCE] Le bois raméal fragmenté pour une agriculture durable

Créé le : 12/07/2020
Photo :L.-N.S. Gérard Daumas, céréalier et maraîcher bio, est installé dans la plaine de Mane dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Par Hélène Saveuse

Souvent décrié pour l’utilisation de pesticides et autres produits issus de la chimie visant à augmenter les rendements, le secteur agricole pourrait pourtant participer à la diminution des gaz à effet de serre. L’une des pistes envisagées : l’intégration de bois raméal fragmenté dans les terres agricoles. Une pratique bénéfique tant pour le sol que pour l’agriculteur, ou encore pour atteindre de la neutralité carbone, l’un des futurs engagements de la France lors de la COP 21. Explications.

Depuis 15 ans, l’agriculteur Gérard Daumas, installé dans les Alpes-de-Haute-Provence, intègre à la terre des jeunes rameaux grossièrement broyés pour fertiliser le sol. Une pratique inspirée de l’humus forestier qui présente l’avantage de stocker le carbone dans la terre et d’en compenser en partie les émissions issues de l’activité humaine.

Dans sa ferme du Mas de l’Aurore, Gérard Daumas, céréalier et maraîcher bio, cultive des légumes comme des salades, mais aussi des lentilles et des pois chiches. Si à première vue rien ne distingue son exploitation de celle des autres, c’est en plantant un coup de bêche dans le sol que l’on mesure toute la différence.

Entre une à deux fois par semaine, il actionne le broyeur qui se trouve à l’arrière de sa maison. À chaque session, l’agriculteur installé en bio depuis 1987 sur la plaine de Mane, dans les Alpes-de-Haute-Provence, broie des branches et des rameaux d’arbres qu’il répand sur les 13 hectares de son exploitation. « La technique existe depuis longtemps au Canada », explique Gérard Daumas. Elle était pourtant tombée en désuétude, malgré des résultats...

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[INTERVIEW] : « Le BRF est un déclencheur de l’agriculture du vivant »

Créé le : 12/07/2020
Photo :  DR

Propos recueillis par Élodie Crézé

Chapeau : Benoît Noël est ingénieur agronome à l’association internationale Jardinier du Monde et expert en agroécologie. Selon ses recherches, le bois raméal fragmenté (BRF) favorise l’agroforesterie et permet de reconstituer les sols.

Le bois raméal fragmenté (BRF), qu’est-ce-que c’est ?
Il s’agit de branches et de rameaux d’arbres broyés, de moins de 7 cm, incorporés au sol. Le procédé a été inventé par les Canadiens dans les années 70.

Si on compare le BRF avec le compost, quels en sont les avantages ?
Le compostage, procédé hors-sol, émet du CO2 dans l’atmosphère et produit moins d’humus. Au final, le BRF permet de produire 2 fois plus d’humus dans le sol que le compost. Cela signifie aussi que de l’énergie est perdue durant le compostage, alors que si on mélange le BRF directement au sol, l’énergie reste disponible pour la vie du sol. Elle représente l’équivalent de 4000 L de pétrole à vers de terre par ha et par an(1). Le BRF est donc un excellent moyen de refertiliser le sol.

Avec le BRF, nous sommes également capables de pomper les nitrates et de les stocker à un endroit où ils seront mobilisables pour les plantes quand elles en auront besoin. Notons que l’humus formé est 10 fois plus riche que le fumier en azote, ce qui permet, à terme, d’assurer des rendements élevés. Enfin, le BRF incite à développer l’agroforesterie pour le produire, ce qui est la méthode la plus efficiente : 20% de SAU (Surface agricole utile)  apporte alors ce qu’il faut en feuilles et radicelles,  pour alimenter le sol vivant.

Et d’un point de vue écologique, pourquoi l’agroforesterie est-elle intéressante ?
Les arbres entretiennent la biodiversité, mais aussi la fertilité du sol, limitent l’érosion et fixent le CO2. Ils ont une action positive contre la sécheresse, puisqu’ils aident à stocker l’eau et font même pleuvoir ! Le BRF lui-même et l’humus constitué sont des éponges. Grâce à l’activation de la vie du sol, une structure améliorée permet aussi à l’eau de s’infiltrer au lieu de ruisseler.

Le BRF favorise donc la durabilité de l’agriculture ?
Absolument. Il est un déclencheur de l’agriculture du vivant : il peut reconstituer des sols très vite. Et même, nous travaillons actuellement sur l’agriculture vegan qui est rendue possible par ce procédé permettant en quelque sorte de recréer l’écosystème des forêts, tout en produisant des aliments pour les hommes. En résumé, c’est un système très performant écologiquement, agro-écologique et aussi potentiellement vegan, puisqu’il créé de la fertilité avec une base végétale uniquement.

Plus d’infos 

www.jardinierdumonde.be

(1) « L'énergie disponible pour la vie du sol a pour représentant emblématique le vers de terre. On peut calculer que l’énergie présente dans la dose BRF recommandée pour nourrir la vie du sol (100 m3/ha.an) est de 40 000 kWh, soit en fait l'énergie fixée par la photosynthèse sur 1 ha. L'énergie contenue dans 1 litre de diesel mis dans le réservoir d’une voiture est d'environ 10 kWh/l. Ainsi lorsque l’on composte du bois broyé, on perd en chaleur dégagée dans le tas de compost une énergie qui pourrait servir à faire vivre la vie du sol, cette énergie, pour 100 m3 de BRF est de 40 000 kWh, soit l'équivalent de 4000 l de diesel. »

 

Article présent dans les magazines: 

[ JOURNÉE MONDIALE DE L'ÉOLIEN ] Et si on mettait fin aux idées reçues ?

Créé le : 15/06/2020

La journée mondiale de l'éolien se tiendra le 15 juin prochain : l'occasion pour France Nature Environnement de tordre le cou aux idées reçues sur cette énergie, incontournable pour la transition énergétique. Car si les anti-éoliens se font beaucoup entendre, la réalité est bien différente.

Malgré une visibilité accrue dans des médias, les opposants au développement de l’éolien ne sont pas aussi nombreux qu’ils veulent bien le laisser croire. D’après les sondages, le soutien à l'éolien se renforce même. En 2018, 73% des Français indiquaient en avoir une bonne image, 80% pour ce qui est des riverains d'un parc éolien (Harris Interactive). En 2019, ils étaient 77% selon OpinionWay : la tendance est donc plutôt à un regard positif. Pourtant, des idées reçues ont la vie dure. Tour d’horizon :

Oui, les éoliennes font du bruit. C’est pour ça que leur implantation est interdite à moins de 500 m des zones d’habitation : à cette distance, ce bruit est peu perceptible, de l’ordre de 35 dB. Selon l’échelle du bruit de BruitParif, c’est l’équivalent d’une chambre à coucher. Et les progrès techniques ne cessent de réduire ce niveau.

Oui, les éoliennes modifient les paysages. Est-ce beau, ou moche ? La dimension paysagère doit être prise très en amont, par des modélisations photographiques rigoureuses. Elle peut même être intégrée à des schémas territoriaux. Après, à chacun d’en juger. Ces énergies nous libèrent d’une production d’électricité fossile et nucléaire, dont on a souvent tendance à oublier les impacts « moches » et réels, générés ici ou dans d'autres pays par leur utilisation, leur extraction et leur transport.

Oui, il peut y avoir un impact sur la biodiversité, comme toute activité humaine. C’est pourquoi leur implantation doit être réfléchie avec l’ensemble des acteurs locaux et des citoyens, planifiée, en premier lieu, pour éviter les impacts sur la biodiversité, notamment pour les espèces patrimoniales1. Une fois construits, les parcs doivent être suivis, modifiés si des impacts sont identifiés. Il est parfaitement possible d'avoir des parcs qui par leur emplacement et leur gestion génèreront des impacts réduits.

Par ailleurs, les composants des éoliennes sont recyclables à 90% et ce recyclage sera obligatoire d’ici à 2023. La réglementation prévoit déjà une provision pour le démantèlement de chaque éolienne.

L'éolien, un pilier incontournable de la transition énergétique

La prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit une multiplication par 2,3 de l'éolien terrestre d'ici à 2028, objectif ambitieux de plus de 30 GW, nécessaire pour assurer la transition énergétique. Pour cause : la France est bien pourvue en vent, elle possède le premier gisement d’éolien terrestre en Europe et a déjà installé plus de 16 GW. Energie inépuisable, fiable et prévisible, mature technologiquement, dont les coûts ont baissé jusqu'en dessous de ceux du nucléaire, vertueuse du point de vue environnemental (faible empreinte carbone, recyclabilité forte), l’éolien est considéré dans tous les travaux prospectifs de référence comme l’une des principales sources d’électricité renouvelable.

L’éolien ouvre en outre la voie à une dynamisation des territoires d’implantation, tant en termes d’emplois (18 000 emplois existent déjà sur l’ensemble de la filière) que de retombées économiques locales. En pleine crise sanitaire, l’éolien a de plus montré toute sa résilience en continuant de fournir une électricité renouvelable quand d’autres moyens de production d’origine fossiles ou nucléaire étaient à l’arrêt.

Éoloscope terrestre : un outil au service du développement de projets éoliens exemplaires

Compte tenu de ses objectifs de développement et de la part significative que l’éolien devra prendre dans le futur mix électrique, l’exemplarité doit être l’objectif de tous les projets de parcs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il est indispensable que les projets intègrent rigoureusement la prise en compte de l’environnement, de la biodiversité, de l’implication et de la participation des collectivités et des citoyens, et qu’ils soient planifiés à différentes échelles territoriales. Des exemples réussis existent déjà, c'est sur eux qu'il faut s'aligner !

Pour apporter des éléments de réponse et faciliter la mise en place des meilleures pratiques, France Nature Environnement a créé en début d’année l’Eoloscope terrestre. A la fois outil de dialogue territorial, d’aide à l'évaluation à destination des associations, mais aussi des porteurs de projets éoliens et des collectivités qui souhaitent mieux intégrer les enjeux environnementaux dans leurs démarches, l’Eoloscope terrestre répond de manière concrète à la question : que faire lorsqu’un projet émerge sur son territoire ?

Découvrir l’Eoloscope terrestre

En créant cet outil, France Nature Environnement entend favoriser l'implication de tous les acteurs pour un développement responsable et exemplaire de la filière, bâti sur le dialogue, ainsi qu'un processus d'amélioration continue des pratiques et des connaissances. La réussite de la transition énergétique est de la responsabilité de toutes et tous.

1 Espèces protégées, menacées, rares.

> Voir le communiqué en ligne

[ CE QUI DÉPEND DE NOUS ] Manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire

Créé le : 10/06/2020

Les militants d'Attac ont rédigé un manifeste pour encourager une relocalisation écologique et solidaire qui s'annonce urgente et nécessaire.

Présentation du manifeste par les militants d'Attac :

Le manifeste Ce qui dépend de nous - manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire, constitue un bien commun à la disposition de toutes celles et ceux qui veulent empêcher le « retour à l’anormal » et construire un « monde d’après » solidaire et désirable.

  • Ce qui dépend de nous, c’est d’agir aux côtés des personnels hospitaliers, pour augmenter les salaires et les effectifs, pour préserver et étendre les organisations coopératives et horizontales du travail de soin qui ont sauvé tant de vies pendant l’épidémie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de désobéir à la gouvernance par les chiffres pour initier une refondation des services publics centrée sur le care, le soin des autres et de la nature, l’attention aux usager·es et aux élèves, à commencer par les plus fragiles.
  • Ce qui dépend de nous, c’est d’imposer par nos luttes un partage des richesses, un revenu garanti, un droit au logement et aux papiers pour les précaires et chômeurs victimes d’une crise sociale qui ne fait que commencer.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de poursuivre et d’amplifier les multiples réseaux de solidarité concrète que nous avons tissés pendant l’épidémie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est d’empêcher que repartent comme avant, soutenues par l’agent public, les activités insoutenables pour la vie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de décider, en nous réunissant sur nos lieux de travail et de vie, ce à quoi nous devons renoncer, ce que nous voulons transformer, ce que nous voulons inventer pour mieux vivre et respecter les limites de la planète.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de défendre bec et ongles nos libertés et nos droits contre d’illusoires promesses de sécurité et une surveillance électronique généralisée.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de sauvegarder les terres en installant des paysan·ne·s, de défendre la
    biodiversité en bloquant les projets de béton et d’extraction, de protéger l’eau contre les pollueurs et les traders.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de délégitimer et rejeter le pouvoir exorbitant des multinationales sur nos vies, pour que Big Oil&Gaz, Big Pharma, Big Data... laissent la place à l’économie solidaire et aux communs.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de déployer à grande échelle les expériences alternatives, inclusives et féministes, comme autant d’utopies réelles qui érodent le capitalisme.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de soumettre au principe démocratique nos mouvements et nos luttes, afin de n’y pas reproduire les dominations sociales, sexuées, racistes qui empoisonnent nos sociétés.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de construire un projet enthousiasmant de relocalisation écologique et solidaire, pour discréditer les simulacres néolibéraux, la régression nationaliste, et proclamer notre interdépendance avec les autres peuples et le vivant.

Ce qui dépend de nous - manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire, aux éditions Les Liens qui Libèrent (96 pages - 10€), sortira en librairie le 24 juin.

> Plus d'infos

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