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[TRIBUNE] Loi Climat et Résilience : honorons la promesse née de la Convention citoyenne !

Créé le : 30/03/2021
Crédit photo : Alex Guibord/flickr

Crédit photo : Alex Guibord/flickr

Par un collectif d'acteurs de l'ESS

Le 29 mars commence au sein de l’Assemblée Nationale le débat en séance sur le projet de loi Climat et Résilience. Alors qu’il devait être, comme s’y était engagé le Président de la République, la transcription par la loi des propositions issues du long travail opéré par les 150 citoyens composant la Convention Citoyenne pour le Climat, il apparaît aujourd’hui comme en grand décalage par rapport aux ambitions exprimées dans cet exercice démocratique inédit.

Nul besoin, nous l’espérons, de rappeler l’urgence à agir ; malgré cela, comme l’ont signifié le Conseil Économique Social et Environnemental, le Conseil National de la Transition Écologique, le Haut Conseil pour le Climat, la société civile à travers les associations et les ONG et les citoyens membres de la convention eux-mêmes, le projet de loi ne permettra pas de tenir l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. L’Etat s’expose donc de nouveau à un risque de condamnation pour sa carence à respecter les objectifs qu’il s’est fixés en matière de réduction des GES.

Solidarité, économie circulaire, santé, éducation, culture, environnement… Dans tous ces secteurs, nous, acteurs, collectifs, entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) démontrons au quotidien notre capacité à inventer de nouvelles réponses aux enjeux de mobilité, de consommation durable, de promotion des énergies renouvelables, ou encore d’insertion sociale et professionnelle. Le tout dans une visée de transformation de notre système économique et social, à l’appui de principes fondateurs, indissociables de la transition écologique, et plus encore leviers de sa réussite : entrepreneuriat du temps long, gouvernance démocratique, modèle économique caractérisé par la lucrativité limitée et l’orientation des bénéfices vers le financement de projets d’intérêt collectif.

Nous avons pleinement conscience du caractère critique de notre époque, de l’ampleur des menaces que fait peser le changement climatique sur notre avenir collectif, tandis que ne cessent de se creuser les inégalités sociales. Nous cherchons en ce sens à prendre toute notre part aux transformations de nos modes de vie, de consommation et de production, qu’il nous faut collectivement mettre en œuvre pour réussir une transition écologique et solidaire.

Et nous interpellons les pouvoirs publics qui doivent agir plus fortement, plus rapidement, en commençant par ne pas faire du projet de loi Climat et Résilience une nouvelle occasion manquée.

Nous appelons donc à enrichir le texte qui est discuté par la représentation nationale. En renforçant la place de l’économie sociale et solidaire, pour favoriser le développement de nos modèles qui sont autant d’accélérateurs des dynamiques qui concilient résilience économique, justice sociale et exigence écologique. En œuvrant davantage pour la justice sociale et environnementale, pour l’accès de tous à une alimentation de qualité, pour en finir avec les passoires thermiques. En accélérant le développement des énergies renouvelables citoyennes, en soutenant la structuration de filières agricoles basées sur des innovations agroécologiques, ou encore en favorisant le réemploi plutôt que le recyclage. En impulsant enfin dans nos politiques publiques d’indispensables mesures structurantes : une véritable éducation au développement durable, et une modification des normes comptables pour valoriser une nouvelle comptabilité écologique et sociale, condition nécessaire à une évolution en profondeur de notre système économique. En démontrant ainsi que l’on peut concilier concrètement et efficacement la réduction des inégalités sociales, la préservation des ressources communes, et la sauvegarde de la biodiversité.

Nous sommes convaincus que « le monde d’après » ne pourra se construire qu’en donnant les moyens aux citoyens de s’en emparer. C’est l’esprit de notre prise de position et de ces propositions. Les membres de la convention citoyenne ont ouvert une voie. Ne la refermons pas. Donnons à toutes et tous les moyens de la continuer, avec les entreprises de l’ESS.

Signataires : Jérôme Saddier, président d’ESS France Amandine Albizzati, directrice générale d’Enercoop Pierre-Eric Letellier, direction collégiale de l’Heureux Cyclage Damien Forget et Sandrine Andreini, direction collégiale du RESSAC – réseau des ressourceries artistiques et culturelles Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette Suzanne De Cheveigne, présidente de l’Association nationale des Compagnons Bâtisseurs Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement

[INTERVIEW] Olivier Schneider : "Pour la 1ère fois, le vélo est un réel enjeu électoral"

Créé le : 30/03/2021
Crédit photo : FUB

Crédit photo : FUB

Propos recueillis par Élodie Crézé

Olivier Schneider est le président de la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fub). Si le vélotaf se développe dans plusieurs villes du territoire, de nombreux freins restent encore à lever. Notamment dans le cadre législatif, alors que la loi Climat et résilience est en cours d'élaboration.

Alors que le transport représente près d'1/3 de nos émissions de gaz à effet de serre, le vélo est quasi absent du projet de loi Climat et résilience. Près de 90 % des amendements issus des propositions de la Fub ont été rejetés...
En effet, aucun des 149 amendements émanant des propositions des 150 citoyens(1)et associations de vélo, reprises par les députés de tous bords politiques, n'a été conservé dans le projet de loi, sous prétexte qu'ils n'auraient pas de portée législative ! (2) Pourtant, avec la pandémie, les Français ont montré qu'ils avaient une appétence pour le vélo. Et lorsque l'on voit que le transport constitue 27 % des émissions de gaz à effet de serre et qu'en déployant le Système vélo on pourrait les réduire d'environ un quart, il paraît absurde que la loi ne prévoit rien en ce sens ! Le Coup de Pouce Vélo(3) a montré que les citoyens étaient prêts à se mettre au vélo s'il y avait des politiques en ce sens, qui sont d'ailleurs d'un coût dérisoire si on les compare aux aides données à l'industrie automobile ou à l'aéronautique.

Qu'est-ce qui constitue un frein au dévelopement du vélotaf ?
Aujourd'hui, 60 % des Français.es sont prêts à passer au vélo dès demain, à condition qu'on leur fournisse un "Système vélo"qui induit un maillage de pistes cyclables continues et sécurisées. Le sentiment de confort et de sécurité est essentiel. Même si beaucoup de villes ont fait des progrès, il reste encore à développer les infrastructures, mais aussi agir sur la sensibilisation pour désamorçer les conflits – fréquents - entre piétons et cyclistes ou entre cyclistes et automobilistes. Mais aussi agir contre le vol, rendre possible l'intermodalité en favorisant les trajets combinés "transports en commun-vélo", notamment dans les milieux ruraux. Il faut organiser cette complémentarité des transports pour que le progrès du vélo ne soit pas seulement celui des grandes métropoles, mais bénéficie à tous et notamment ceux qui sont condamnés à la voiture !

Vous éditez un baromètre des villes cyclables tous les 2 ans (4). Observe-t-on une progression du vélotaf ?
Dans le baromètre, les gens répondent exactement aux mêmes questions à deux ans d'écart. Et à la question "est-ce que dans votre ville les conditions se sont améliorées sur les 24 derniers mois", tout le monde reconnaît assez unanimement que oui. Néanmoins les gens mettent de moins bonnes notes que 2 ans plus tôt. En fait, le baromètre mesure l'écart entre une attente et un ressenti subjectif. Cela veut dire que le niveau d'exigence augmente, notamment sur la sécurité ! C'est très bon signe pour sortir d'une pratique du vélo réservée exclusivement aux hommes de la quarantaine.

Vous avez lancé un label employeur pro-vélo en janvier 2021(5). Vise-t-il à encourager le vélotaf ?
Il s'agit en effet d'un guide pour les employeurs souhaitant favoriser le vélo parmi leurs employés. L'employeur bénéficie de 5000 euros par site pour mettre en place des prestations comme des stationnements vélo. En échange, il s'engage à se faire auditer : il y a une obligation de moyens mais pas de résulats. Le résultat de l'audit est rendu public, ce qui favorise la création d'une communauté d'employeurs favorables au vélo. Globalement, le vélo améliore la santé et la productivité des salariés. Il permet de faire des économies de parking, de se lancer dans une activité économique (ex la réparation de vélo, ou une activité de type coiffeur à vélo, paysagiste à vélo, etc). On souhaite à la fois promouvoir ces diverses activités, mais aussi les employeurs lambda pour qu'ils encouragent leurs employés à se déplacer en vélo. Ce programme d'un budget de 40 millions d'euros va permettre d'accompagner 4500 employeurs pour les guider en ce sens.

Le vélo est-il un enjeu des Régionales et des Départementales ?
Pour la 1ère fois, le vélo est réellement un enjeu électoral. Pour que le Système vélo fonctionne, il faut que les collectivités fassent leur part. Tout le millefeuille territorial doit s'entendre sur le fait que le vélo est désormais un outil pour tout un ensemble de politiques publiques.

Notes de bas de page

  1. de la Convention citoyenne pour le climat

  2. Les amendements sont jugés irrecevables avant même d'être discutés en commission spéciale, car ils seraient "hors-sujet" avec le contenu initial de la loi.

  1. 2020 a été marquée par le boom du vélo grâce notamment à la mise en place par l'État du Coup de Pouce Vélo, (qui permet de bénéficier de 50 euros pour faire réparer son vélo -1,5 M vélos réparés) et le développement de pistes cyclables à la sortie du premier confinement.

  2. Le prochain doit sortir en janvier 2022

    (5) Label lancé avec l'Ademe

 

Plus d'infos : www.fub.fr

[DOSSIER] : 5G, un désastre de nouvelle génération

Créé le : 22/10/2020

Crédit : pixabay

Par Nicolas Bérard

Après la 2G, la 3G et la 4G, il aurait pu paraître naturel de passer à un réseau de communication sans fil de cinquième génération. Pourtant, une résistance citoyenne est en train de se constituer face à cette technologie 5G. En cause : les risques sanitaires, écologiques et la société hyperconnectée qui l’accompagnent.

 

« Être en retard sur la 5G n'est pas une option », mentionne la « feuille de route »[1] que s'est fixée la France au sujet du réseau mobile de cinquième génération. Aucune place au doute : il faut le déployer, et le plus tôt sera le mieux ! Malgré un léger contretemps dû à la crise du coronavirus, l'État espère toujours une commercialisation des premiers abonnements 5G avant la fin de l'année. Pourtant, deux ans après la publication de cette feuille de route, de plus en plus de citoyen·nes s'interrogent : en a-t-on réellement besoin ? En a-t-on envie ? Est-ce soutenable sur le plan environnemental ? Des associations dénoncent l'absence d'études d'impact qui permettraient de répondre à cette dernière question. Elles ont donc déposé un recours devant le conseil d'État afin d'exiger qu'elles soient menées avant le lancement du programme (lire ITW Kerckhove en article lié).

Les réseaux de téléphonie mobile ont toujours suscité une certaine opposition, principalement au départ, en raison des questions sanitaires qu'ils soulèvent. Pour tenter d'éteindre cette polémique, l...

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[ CONVENTION CITOYENNE POUR LE CLIMAT ] L’heure du bilan

Créé le : 22/06/2020
Photo : https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr

Les 19, 20 et 21 juin se tenait la dernière session de la Convention Citoyenne pour le Climat. Après 8 mois de travail, les 150 citoyens tirés au sort ont remis à l’exécutif les mesures qu’ils estiment nécessaires pour réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre, d’ici à 2030.

On peut notamment relever, parmi ces mesures, l’ajout de l’intérêt de la préservation de l’environnement à la Constitution, l’augmentation de la taxe pour les engrais azotés, ou encore l’obligation à la rénovation pour les propriétaires et bailleurs.

Réparties en 6 grands axes, ces propositions seront soumises soit à référendum, soit à un vote des parlementaires, soit à une application directe.

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