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[COMMERCE] Multinationales du chocolat versus producteurs de cacao : Commerce Equitable France et 22 organisations appellent à un sursaut massif

Créé le : 02/04/2021

© Commerce Equitable France

Par Commerce Equitable France

À la veille de Pâques, grande période de consommation de chocolat, les multinationales ont fait plier le gouvernement ivoirien pour faire baisser le prix du cacao payé aux planteurs, déjà à bout de souffle. Commerce Équitable France et 27 organisations dénoncent cette situation intolérable !

À l'été 2019, le Ghana et la Côte d’Ivoire, premiers pays exportateurs de cacao où plus de la moitié des producteur.rice.s vivent dans une situation d'extrême pauvreté, ont pris une décision  historique  : exiger des acheteurs de rehausser le prix d’achat du cacao. En coulisse, les multinationales ont fait plier le gouvernement ivoirien  qui vient d’annoncer le 31 mars une baisse de 25% du prix du cacao payé aux producteurs.  A la veille de Pâques - grande période de consommation de chocolat - Commerce Equitable France et 22 organisations appellent à un sursaut massif pour dénoncer cette situation intolérable.

La filière cacao est à bout de souffle : le prix du cacao a été divisé par trois en quarante.  Sa culture n’est plus un espoir de développement pour les familles de producteur.ice.s, enfermées dans une pauvreté endémique. En outre, le “cacao est trop peu payé pour être durable”, selon l’ICCO et faute d’un prix permettant d’investir dans la transition agroécologique de la production de cacao, la déforestation continue.
 
La majorité des producteur.ice.s et de leurs familles vivent aujourd’hui avec moins d’1,90 USD/jour, et perçoivent moins de 6% de la valeur générée par le cacao. Face à ce constat alarmant, les Etats du Ghana et de la Côte d’Ivoire ont pris la décision commune à l’été 2019 d’exiger des acheteurs de cacao, le paiement d’un différentiel de revenu décent (DRD) aux producteur.ice.s. Il s’agit d’un montant de 400 USD la tonne venant s’ajouter au cours de la bourse fixé à Londres, mécanisme qui vise à mieux répartir la richesse créée dans la filière. Saluant publiquement cette résolution courageuse, les grands industriels du cacao s’étaient alors engagés à jouer le jeu et soutenir la démarche à partir de la campagne de production 2020/2021. C’est dans ce contexte que la Commission européenne a lancé en septembre dernier un vaste processus multi-acteurs visant à mieux réguler la filière pour s’attaquer à la pauvreté des producteur.ice.s de cacao ouest africains et aux enjeux de déforestation.
 
En coulisse, tout le monde ne joue pas le jeu. Plutôt que de respecter cette décision des Etats, les multinationales ont préféré freiner leurs achats et puiser dans leur stock,  faisant pression sur les petit.e.s producteur.ice.s, qui se retrouvent ainsi avec plus de 100.000 tonnes de fèves de cacao invendues sur les bras. Quand les coopératives interrogent leurs principaux acheteurs sur l’absence de contrats depuis mi-novembre 2020, c’est la baisse de la demande mondiale de cacao en lien avec la pandémie de la COVID 19 qui est invoquée. Si cela est le cas, cette baisse est loin d’être généralisée : les ventes de Nutella  ont enregistré des records jusqu’à +50% durant le premier confinement et les tablettes de chocolat et autres produits de confiseries bio ont gagné 20.9% entre 2019 et 2020 !
 
Mais les grandes multinationales du secteur  ne l’entendent pas ainsi : elles auraient fait pression[7] sur les gouvernements ivoirien et ghanéen pour faire baisser les prix. Et c’est chose faite :  une réduction de 25 % du prix payé aux producteurs vient d’être annoncée par le Conseil Café Cacao de la Côte d’Ivoire et passe ainsi de 1000 FCFA à 750 CFA par kilo - s’éloignant d’autant de l’objectif affiché de revenu décent pour les producteurs. En arguant de la surproduction conjoncturelle  du cacao,  les acheteurs internationaux ont mis en échec la dynamique de partage de la valeur pourtant indispensable à la résolution des problèmes de durabilité de la filière.  Pourtant, “si la production dépasse en effet de quelques milliers de tonnes la demande mondiale, les petits producteurs ne peuvent pas continuer à être la seule variable d’ajustement entre l’offre et la demande”, déclare Fortin Bley, Vice-président du RICE. “Un contrat de commerce équitable c’est quand les acheteurs s’engagent sur des prix rémunérateurs, mais aussi sur des volumes : les acheteurs partagent ainsi équitablement les risques inhérents à toute production agricole”.
 
Commerce Equitable France, ses adhérents et ses partenaires producteurs et productrices de cacao réunis au sein du Réseau Ivoirien du Commerce Équitable (RICE) appellent les acheteurs internationaux à respecter leurs engagements pour créer les conditions d’une filière cacao plus juste et plus durable. Il est temps que les importateurs et industriels du chocolat respectent leurs devoirs de diligence raisonnée en matière de droits fondamentaux, alors même que les géants du chocolat, Nestlé et Cargill, sont poursuivis aux Etats-Unis pour violation des droits des enfants et complicité de travail forcé dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire.

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Occitanie : Dénichez de « bonnes adresses » avec les 3 Grâces

Créé le : 17/05/2018

On croit souvent avoir fait le tour de l'endroit où l'on vit. Les Montpelliéraines Justine Baptista, Marion Arnau et Cécile Dubois ont voulu s'attaquer à cette idée reçue en lançant Les 3 Grâces. Ce webzine propose de découvrir de bonnes adresses, près de chez vous, en région Occitanie : commerces locaux et équitables, artisanat, gastronomie... Il y en a pour tous les goûts et toutes les envies. 

« Nous sommes les touristes de notre propre région. Le projet des 3 Grâces est né de la frustration que nous avions de mal connaître notre propre région », raconte Justine. Avec ses collègues Marion et Cécile, elles se sont donc lancées dans la recherche de boutiques, de producteurs ou d'activités d’exception à Montpellier et dans sa région. « Pour l'heure, la plupart de nos références se trouvent à Montpellier et Sète. Mais nous avons vocation à dénicher progressivement des adresses dans toute la région », assure Justine.

Produits sains et locaux

Le site met déjà en avant plus de 40 commerces et services d'exception. Car Les 3 Grâces ne mettent pas n'importe qui ou quoi en avant. Et c'est là sa valeur ajoutée. Les structures qui souhaitent figurer sur le site doivent payer une adhésion à l'association qui porte le projet. Mais aussi signer une charte qui garantit la qualité de leurs prestations et le respect d'une certaine éthique. « Il s'agit de valoriser des démarches responsables. Des produits sains, si possible bio, mais pas uniquement, et locaux », défend Justine.

Des bonnes adresses que Les 3 Grâces présentent dans le cadre de circuits qui s'adressent aux particuliers. Il s'agit de parcours thématiques proposant les visites de 4 à 8 lieux ou activités dans une ville du territoire. Par exemple, un tour gastronomique à Montpellier, au travers duquel on découvrira une épicerie fine, un caviste, avec un passage obligé par la case restaurant. La culture ou encore la mode peuvent être d'autres thèmes retenus... Le tarif : entre 15 et 35 euros, en fonction des circuits qui peuvent comprendre repas et dégustations. Visites que Les 3 Grâces comptent bientôt organiser en minibus afin de sortir des villes et encore plus des sentiers battus.

Découvrez dans chaque numéro de Sans Transition ! Occitanie une bonne adresse dénichée par Les 3 Grâces

Plus d'infos : www.les3graces.fr/webzine/

 

Simone Grinfeld : « Dire s’implique dans le commerce équitable »

Créé le : 23/05/2016
© Pixabay

L’association « Dire » s’inscrit dans la sensibilisation à l’environnement depuis 2005. Située à Ramonville-Saint-Agne, en Haute-Garonne, son objectif est d’impliquer adultes et scolaires sur des actions concrètes de protection de leur environnement. « Dire » travaille avec de nombreuses structures de l’agglomération toulousaine : associations, centres sociaux, collectivités et structures éducatives. Simone Grinfeld est la coordinatrice. Docteur en biologie, elle est également responsable pédagogique en éducation à l’environnement.

Quel est votre projet ?

L’association « Dire » existe depuis onze ans. Elle regroupe des scientifiques, des enseignants et des éducateurs à l’environnement. Par des méthodes ludiques, l’association tente de faire connaître le gaspillage alimentaire, l’écologie et l’importance de la biodiversité. Le recyclage des déchets, des ressources alimentaires, de la qualité de l’air et la régulation du climat également. Nous proposons des exposés-débats sur des sujets variés liés à la connaissance et la protection de l’environnement. "Dire" sensibilise scolaires, associations et élus. Un projet pour des espaces verts participatifs est notamment organisé. Il s’agit de ramener davantage de biodiversité régionale en mobilisant la population. Nous disposons d’une parcelle dans un quartier toulousain. Notre objectif est que chacun soit plus attentif à l’environnement et à sa sauvegarde.


 

Êtes-vous impliqués dans le commerce équitable ?

Nous disposons d’un siège social à la Maison d’Economie Solidaire. Désormais, il nous semble important que l’environnement et la solidarité forment un ensemble. L’association s’implique davantage dans le commerce équitable. Nous désirons parvenir à une transition écologique locale. Ainsi, avec « Dire » les habitants des quartiers découvrent la nature. Ils agissent en faveur de la biodiversité. Semis de prairies, observations et protections d’insectes et de fleurs sauvages, récoltes de graines sont organisés au pied de leur immeuble. Ces animations donnent lieu à des réunions conviviales et au renforcement de liens sociaux.

 

Quelles sont vos actions pour sensibiliser chaque individu au développement durable et au commerce équitable ?

 Nous informons la population par le biais d’expositions, de livrets pédagogiques et via notre site internet. Une exposition interactive sur les plantes sauvages est mise en place pendant un mois, dans le Tarn. Nous travaillons également sur le thème de l’eau. En effet, les pesticides détruisent la santé, mais aussi la faune et la flore. Grâce à des méthodes attractives, nous dévoilons l'un des plus grands enjeux de la politique de l'eau : l'écosystème aquatique. "Dire" intervient également dans les lycées. Des exposé-discussions et des jeux de rôles sont créés sur le thème du développement durable. Ainsi, les étudiants comprennent comment les entreprises réalisent des économies avec des pratiques plus écologiques. Dans les petites classes, une immersion dans le milieu naturel est organisée, afin d’éveiller la curiosité des enfants. Ils étudient les liens des êtres vivants entre eux et comprennent le caractère sensible de la nature qui les entoure. Les enfants acquièrent ainsi des gestes éco-citoyens.

 

 

Les chiffres clefs de la Quinzaine du Commerce Equitable

Depuis maintenant 16 ans, les acteurs du commerce équitable invitent les citoyens à découvrir le commerce équitable, ses enjeux et ses impacts.

   ► Initiée en 2001 par les membres de la Plateforme pour le Commerce Equitable, la Quinzaine du Commerce Equitable lance sa 16ème édition.

   ► Du 14 au 29 Mai 2016, elle invite chacun à devenir ambassadeur d’un monde meilleur et à comprendre les enjeux qui se cachent derrière l’un des produits préférés des Français le chocolat !

   ► Plus de 100 événements organisés partout en France afin de promouvoir le commerce équitable !

   ► 30 territoires de commerce équitable dont Rennes, Lyon, ou encore Paris, se sont engagés à l'occasion de la Quinzaine du Commerce Équitable

 

Plus d’infos :

http://www.dire-environnement.org/

http://www.commercequitable.org/component/acymailing/archive/view/listid-189-newsletter-tdce-2/mailid-739-save-the-date-16eme-quinzaine-du-commerce-equitable-14au29mai2016/tmpl-component.html

http://www.mouvement-equitable.org/edition-2016

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