Écologie

[POLLUTION] L’Académie des Sciences appelle à repenser de manière radicale nos usages du plastique

Créé le : 01/04/2021

© Académie des Sciences

Dans un rapport publié le 30 mars 2021 et intitulé « Les plastiques dans l’environnement », l’Académie des Sciences dresse un portrait inquiétant de la pollution plastique dans le monde. En moins de 100 ans, la production de plastique est passée d’un million de tonnes, à plus de 350 millions à l’heure actuelle. Un chiffre qui risque encore d’augmenter, si les consommateurs et industries ne réagissent pas. L’Académie recommande par conséquent une « consommation raisonnée et des efforts des acteurs industriels », assortie du développement « d’un programme ambitieux de recherche » visant à favoriser le recyclage des plastiques. Le rapport précise que, si aucune mesure n’est appliquée, la pollution plastique des océans pourrait s’élever à 90 millions de tonnes par an d’ici 2030. Inquiétant.

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[TRIBUNE] Loi Climat et Résilience : honorons la promesse née de la Convention citoyenne !

Créé le : 30/03/2021
Crédit photo : Alex Guibord/flickr

Crédit photo : Alex Guibord/flickr

Par un collectif d'acteurs de l'ESS

Le 29 mars commence au sein de l’Assemblée Nationale le débat en séance sur le projet de loi Climat et Résilience. Alors qu’il devait être, comme s’y était engagé le Président de la République, la transcription par la loi des propositions issues du long travail opéré par les 150 citoyens composant la Convention Citoyenne pour le Climat, il apparaît aujourd’hui comme en grand décalage par rapport aux ambitions exprimées dans cet exercice démocratique inédit.

Nul besoin, nous l’espérons, de rappeler l’urgence à agir ; malgré cela, comme l’ont signifié le Conseil Économique Social et Environnemental, le Conseil National de la Transition Écologique, le Haut Conseil pour le Climat, la société civile à travers les associations et les ONG et les citoyens membres de la convention eux-mêmes, le projet de loi ne permettra pas de tenir l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. L’Etat s’expose donc de nouveau à un risque de condamnation pour sa carence à respecter les objectifs qu’il s’est fixés en matière de réduction des GES.

Solidarité, économie circulaire, santé, éducation, culture, environnement… Dans tous ces secteurs, nous, acteurs, collectifs, entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) démontrons au quotidien notre capacité à inventer de nouvelles réponses aux enjeux de mobilité, de consommation durable, de promotion des énergies renouvelables, ou encore d’insertion sociale et professionnelle. Le tout dans une visée de transformation de notre système économique et social, à l’appui de principes fondateurs, indissociables de la transition écologique, et plus encore leviers de sa réussite : entrepreneuriat du temps long, gouvernance démocratique, modèle économique caractérisé par la lucrativité limitée et l’orientation des bénéfices vers le financement de projets d’intérêt collectif.

Nous avons pleinement conscience du caractère critique de notre époque, de l’ampleur des menaces que fait peser le changement climatique sur notre avenir collectif, tandis que ne cessent de se creuser les inégalités sociales. Nous cherchons en ce sens à prendre toute notre part aux transformations de nos modes de vie, de consommation et de production, qu’il nous faut collectivement mettre en œuvre pour réussir une transition écologique et solidaire.

Et nous interpellons les pouvoirs publics qui doivent agir plus fortement, plus rapidement, en commençant par ne pas faire du projet de loi Climat et Résilience une nouvelle occasion manquée.

Nous appelons donc à enrichir le texte qui est discuté par la représentation nationale. En renforçant la place de l’économie sociale et solidaire, pour favoriser le développement de nos modèles qui sont autant d’accélérateurs des dynamiques qui concilient résilience économique, justice sociale et exigence écologique. En œuvrant davantage pour la justice sociale et environnementale, pour l’accès de tous à une alimentation de qualité, pour en finir avec les passoires thermiques. En accélérant le développement des énergies renouvelables citoyennes, en soutenant la structuration de filières agricoles basées sur des innovations agroécologiques, ou encore en favorisant le réemploi plutôt que le recyclage. En impulsant enfin dans nos politiques publiques d’indispensables mesures structurantes : une véritable éducation au développement durable, et une modification des normes comptables pour valoriser une nouvelle comptabilité écologique et sociale, condition nécessaire à une évolution en profondeur de notre système économique. En démontrant ainsi que l’on peut concilier concrètement et efficacement la réduction des inégalités sociales, la préservation des ressources communes, et la sauvegarde de la biodiversité.

Nous sommes convaincus que « le monde d’après » ne pourra se construire qu’en donnant les moyens aux citoyens de s’en emparer. C’est l’esprit de notre prise de position et de ces propositions. Les membres de la convention citoyenne ont ouvert une voie. Ne la refermons pas. Donnons à toutes et tous les moyens de la continuer, avec les entreprises de l’ESS.

Signataires : Jérôme Saddier, président d’ESS France Amandine Albizzati, directrice générale d’Enercoop Pierre-Eric Letellier, direction collégiale de l’Heureux Cyclage Damien Forget et Sandrine Andreini, direction collégiale du RESSAC – réseau des ressourceries artistiques et culturelles Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette Suzanne De Cheveigne, présidente de l’Association nationale des Compagnons Bâtisseurs Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement

[AVIATION] Compensation carbone : que du vent ?

Créé le : 22/03/2021

© Pixabay

Le 18 mars, le Réseau Action Climat a publié en avant-première les résultats d’une étude de la Commission Européenne sur le système de compensation carbone du secteur aérien. Présenté comme une solution pour une « croissance neutre en carbone du secteur aérien », ce dispositif, nommé Corsia, sera en réalité « inefficace pour réduire l’impact climatique de ce secteur ». Entre autres, les programmes labellisés par le dispositif ne permettront pas de « réductions d’émissions réelles et permanentes », relève l’étude, rendant « peu probable » la réalisation de l’objectif de « croissance neutre ». Pire encore : l’achat potentiellement illimité et à très bas coût de crédits de compensation carbone pour les compagnies, « n’aura aucune incidence sur les décisions d’investissement ou d’exploitation du secteur », estime la Commission, alors que celui-ci est censé permettre la diminution des vols intérieurs. De son côté, la France refuse toujours de prendre des mesures de réduction des émissions pour le secteur aérien, pourtant proposées par la Convention Citoyenne.

[FAUNE] : L'Hirondelle, hôpital pour animaux sauvages

Créé le : 20/03/2021
Jérémy Pain

Légende : Plutôt rare, le centre a accueilli un castor cet hiver / Photo Jérémy Pain

Par Jérémy Pain

Il est un des plus grands centres pour animaux sauvages de France. Situé entre le Rhône et la Loire, l’Hirondelle rayonne sur quatre départements et accueille chaque année en moyenne 4 000 animaux blessés. Mais alors que les questions de biodiversité n’ont jamais été aussi présentes dans les débats publics, le centre de soins se bat en permanence pour trouver des financements. Sa survie est en jeu et celle de centaines d’animaux avec.

 

La neige est encore visible sur les hauteurs de Saint-Forgeux (Rhône). Accroché à flanc de colline, le centre de soins pour animaux sauvages de l’Hirondelle s’est calé sur le rythme de ses pensionnaires. Pas à l’arrêt - le centre est ouvert tous les jours de l’année - mais en activité réduite. En moyenne, 200 animaux sont soignés en cette saison, essentiellement des oiseaux. L’été, le centre peut accueillir plus de 1 000 animaux en même temps.

Ce matin d’hiver, Anne Fourier, chargée de développement du centre de soins, fait le tour du propriétaire. À l’entrée d’un bâtiment récent dédié aux mammifères, le calme est de rigueur. Pour ne pas effrayer les pensionnaires, un panneau ordonne de parler à voix basse. Derrière une porte, une femelle chevreuil se remet difficilement d’une attaque de chiens de chasse. « Quand elle a été trouvée, ils étaient en train de la dévorer vivante, les chasseurs n’étaient pas dans le coin. »Il a fallu trois opérations pour la remettre sur pattes. En attendant d’être relâchée, la chevrette est en...

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[ SANTÉ ] Ils ont choisi de devenir paysans herboristes

Créé le : 19/03/2021
Photo : Pixabay

Paula et Christophe ont choisi de se lancer un nouveau métier il y a deux ans, celui de devenir paysans herboristes.

Installés dans le Vaucluse, ces deux amoureux de la nature ont choisi de se lancer dans la production de plantes aromatiques et médicinales avec pour but la réalisation de tisanes et d’élixirs floraux. Après une première phase de test réussie et la mise en culture d'un terrain de 2000 m2, ils doivent maintenant s'équiper en matériel pour arriver à produire en plus grande quantité.

Ils ont lancé une cagnotte en ligne sur la plateforme Blue Bees qui s'achève dans 48 heures.

> Participer à leur cagnotte en ligne.

[PESTICIDES] Générations Futures publie une carte des achats de pesticides

Créé le : 17/03/2021

© Générations Futures

Le 8 mars 2021, l’association Générations Futures a rendu publique une carte de France détaillant les achats de pesticides par département et par catégorie au cours de l’année 2019. Le rendu, accessible sur le site de l’association, place le département de la Gironde en tête avec près de 3 millions de kilos de pesticides achetés, suivi de près par le département de la Marne, et du Loiret. L’association a également décerné des « Glyph’Awards » aux plus gros acheteurs de glyphosate, pesticide très controversé. En tête de ce second classement, la Charente-Maritime, suivie par la Gironde et la Marne. En publiant ces données, l’association espère parvenir à attirer l’attention du public sur l’utilisation des pesticides en France, et ainsi faire passer le sujet en débat public. Dans le même but, Générations Futures organise du 20 au 30 mars la 16ème édition de la Semaine Pour les Alternatives aux Pesticides, qui se déroulera dans toute la France.

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[BAIE DE SAINT-BRIEUC] les pêcheurs-cueilleurs de Saint-Jacques

Créé le : 17/03/2021
Crédit Photo : Céline Diais

Crédit Photo : Céline Diais

Par Céline Diais 

Sur le Ki Dour Mor, ni drague ou sacs en anneaux d'acier pour ramener le précieux coquillage. L'équipage est l'un des rares en Bretagne à cueillir à la main, d'octobre à avril, la coquille Saint-Jacques. Une technique douce qui préserve l'environnement en ne raclant pas les fonds marins. Reportage en baie de Saint-Brieuc.

« L'eau est à 8°. On va peut-être attendre le dernier moment pour enfiler nos combinaisons », sourit Steven Rivoallan, bien emmitouflé. Ce matin de janvier, l'ancien pompier de Paris plongera avec son binôme Wally Wade. « On est toujours deux pour la sécurité ». À bord du Ki Dour Mor, le matériel est prêt.

Le bateau est l'un de rares à posséder la licence pour pêcher la coquille Saint-Jacques en plongée. À la barre, Kenan Riou vérifie les bouteilles d'oxygène. La mer est calme. Le jour n'est pas encore levé quand le bateau file au large de Saint-Quay-Portrieux. La baie de Saint-Brieuc constitue l'un des plus importants gisements de coquilles Saint-Jacques en France. À neuf heures piles, Wally et Steven se laissent tomber en arrière. « Sous l'eau à 20 mètres, la visibilité est réduite, il faut avoir l’œil. On ne sélectionne que les plus belles coquilles. Cette...

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[AGRICULTURE] Les néonicotinoïdes sont réautorisés par le Conseil d’Etat

Créé le : 16/03/2021

© Pixabay

Nouveau rebond dans la course judiciaire opposant les associations de protection de l’environnement au lobby des betteraves. Le recours engagé par Agir pour l’Environnement et la Confédération paysanne a été rejeté par le Conseil d’Etat le 15 mars 2021. Ce recours visait l’arrêté pris par le gouvernement en février dernier, qui réautorisait l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes, considérés comme tueurs d’abeilles, pour le traitement des semences de betteraves. Dans un communiqué, les deux associations indiquent que la décision du Conseil d’Etat a été influencée par une note de l’INRAE, « produite pour les besoins de la cause [des producteurs de betteraves] et n’offre aucune garantie de sérieux et d’indépendance ». La joute judiciaire devrait cette fois se poursuivre à l’échelle européenne, puisque les associations souhaitent saisir la Commission européenne. Affaire à suivre.

[NEONICOTINOIDES] Le Conseil d’Etat confirme leur réautorisation, les associations accusent

Créé le : 15/03/2021
Pixabay

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Par Agir pour l'environnement, Confédération paysanne, Nature & Progrès

Saisi d’un référé suspension contre l’arrêté réautorisant les insecticides néonicotinoïdes pour le traitement des semences de betteraves, le Conseil d’Etat a rejeté ce lundi 15 mars le recours engagé par Agir pour l’Environnement et la Confédération paysanne.

Les structures regrettent cette décision judiciaire fondée sur des éléments apportés par le ministère de l’agriculture après l’audience. Les associations dénoncent la production d’une note signée de l’INRAE affirmant de façon erronée que les données climatiques du début de l’année ne changeaient nullement la situation en matière de pression virale, et ce malgré un froid polaire s’étant abattu sur la France mi-février.
 
A la lecture de cette note, les associations ont découvert qu’elle avait été rédigée conjointement par l’INRAE et l’Institut technique de la betterave, rassemblant les principaux acteurs du lobby de la betterave à l’origine de la demande de réautorisation des néonicotinoïdes. Cette note de l’INRAE, qui a influé sur la décision du Conseil d’Etat, a été produite pour les besoins de la cause et n’offre aucune garantie de sérieux et d’indépendance.
 
Les associations se sont émues de ce manque évident d’indépendance. Agir pour l’Environnement et la Confédération paysanne dénoncent les approximations et mensonges du ministère de l’Agriculture qui ont permis au Conseil d’Etat de rejeter le référé suspension déposé par les associations.
 
Entre des données météo biaisées produites par l'INRAE, des évaluations de l'impact des néonicotinoïdes approximatives ou lacunaires et des dérogations accordées sur la foi de données mensongères, la décision du Conseil d'Etat est très loin d'être indiscutable.
 
Agir pour l'Environnement et la Confédération paysanne vont étudier avec leur avocat, la possibilité de saisir la Commission européenne pour l'alerter de l'illégalité de cette dérogation à l'interdiction des néonicotinoïdes pour le traitement des semences bettravières.

[JUSTICE] raffinerie La Mède : le rapporteur public donne partiellement raison aux associations, Total persiste et signe

Créé le : 12/03/2021
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Par France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d'Azur 

 
A l’audience de ce jour au tribunal administratif de Marseille, le Rapporteur public, M. Philippe Grimaud, a rendu son avis sur la demande des associations (FNE PACA, FNE13, FNE, Greenpeace France, Les Amis de la Terre France, LPO), représentées par Me Mathieu Victoria et Louis Cofflard, d’annulation de l’arrêté d’exploitation délivré par le Préfet des Bouches-du-Rhône permettant à Total de fabriquer des agrocarburants sur le site de La Mède. La décision du tribunal sera rendue d’ici trois semaines.
 

 

Selon le Rapporteur public, cette autorisation préfectorale doit être en partie annulée et modifiée compte tenu de plusieurs illégalités, notamment en raison de l’absence d’évaluation des impacts climatiques du projet par Total, ce qui a nui à une information complète du public. Le Rapporteur considère également que les prescriptions du préfet pour limiter ces impacts sont très insuffisantes, les importations étant non limitées dans le temps et en volume. 
 
A l’audience, la Préfecture a défendu une approche “pragmatique”, soulignant l'impossibilité pour ses services de contrôler et apprécier les impacts climatiques de la raffinerie de La Mède (sic!). L’avocat de Total, représenté par Me Jean-Pierre Boivin, s’est prévalu de la certification de durabilité pour justifier qu’il n’était pas nécessaire que Total prenne en compte "le climat à l’autre bout du monde” et que cette dernière constitue “l’outil pour régler la question du climat”. Or le récent rapport de Greenpeace a rappelé l’inefficacité du système de certification. La défense de Total souligne également le risque de débat “sans fin” sur le volet climat et les impacts à l’étranger de la raffinerie La Mède. 

Pour les associations requérantes, cette position et analyse juridique sont ubuesques compte tenu de l’ampleur des conséquences de La Mède sur le climat et la biodiversité à l’étranger, notamment en Indonésie où la moitié des forêts a déjà été détruite en raison de la culture de palmiers à huile

Si l’avis du Rapporteur public est suivi sur ce point par le tribunal administratif de Marseille qui devrait rendre sa décision dans 3 semaines, cela constituera une avancée majeure pour la prise en compte des impacts sur l'environnement. Concrètement cela signifie que Total et la Préfecture devront revoir complètement leur copie en réalisant une nouvelle étude d’impact et enquête publique qui pourraient donner lieu à un nouvel arrêté préfectoral. 

Les associations requérantes ont toutefois plaidé pour que, compte tenu de l’urgence et de l’importance des enjeux environnementaux, le tribunal conclue à une annulation totale de l’arrêté d’exploitation, sans laisser la possibilité à Total d’une session de rattrapage. Le temps n’est plus à la régularisation a posteriori. Il appartient à Total de gérer l’avenir de ce site industriel en assurant une reconversion juste du personnel, et de cesser de présenter de façon mensongère les agrocarburants comme “une solution positive pour le climat".

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