Débat

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] : #MeToo en BD

Créé le : 18/01/2021
balance ta bulle

Par Marie Martinez

Dans cette rubrique de chroniques littéraires, Sans transition ! revient sur de nombreux ouvrages proposant une réflexion sur l'urgence climatique et la nécessaire transition écologique, mais aussi sur divers sujets qui animent et traversent notre temps. La rédaction vous propose ici une sélection de chroniques inédites, non parues dans notre magazine.

#MeToo en BD

Quand 62 dessinatrices témoignent du harcèlement et des violences sexuelles, cela donne une anthologie bouleversante qui fait éclater la bulle.
Après la vague # MeToo, et plus récemment des témoignages comme ceux de Vanessa Springora ou Camille Kouchner, les souvenirs enfuis refont surface et la parole (ou le dessin) se libèrent. C'est l'occasion pour une soixante d'artistes de s'interroger sur le sujet, chacune à sa façon et dans son style de dessin, et de raconter leurs propres histoires en quelques pages, et surtout comment elles ont trouvé la force de faire face. Car prendre la parole et surtout son crayon, c'est déjà reprendre son pouvoir. Authentique, cru ou poétique, mais nécessaire.

Comme le dit Diane Noomin, qui a coordonné l'anthologie, dans sa préface : "Ces artistes ne se présentent pas en victimes, mais plutôt comme passeuses de vérité, et dévoilent au grand jour les vilains secrets de leurs agresseurs." Elle raconte également : "Parmi toutes les femmes que j'ai contactées, une seule m'a dit qu'elle n'avait jamais vécu une telle expérience. Pour certaines, les événements étaient encore trop récents pour qu'elles réussissent à témoigner. Mais la plupart étaient impatientes d'apporter leur pierre à l'édifice."
Et l'édifice est monumental. Autant dire que les histoires foisonnent, diverses, variées, comme omniprésentes dans la vie des femmes.

#Balance ta bulle, collectif sous la direction de Diane Noomin, éditions Massot, octobre 2020, 304 pages, 28 euros.

 

 

Peu mais délicieux

L'économiste Serge Latouche, après son Petit traité de la décroissance sereineet Comment réenchanter le monde, revient avec un essai inédit sur la gastronomie et la joie. Nous assistons à la faillite du bonheur lié à l'abondance, au progrès et à la modernité. Face à la crise de la société de consommation et son désastre écologique, un art de vivre joyeux est possible dans la frugalité, la convivialité et les plaisirs de la table. La décroissance n'est pas forcément synonyme d'austérité et de malbouffe. De Slow Food à la reconquête du temps libre : il s'agit de revenir à l'essentiel, éviter le superflu pour mieux goûter le bonheur d'une nourriture saine et responsable.

L'abondance frugale comme art de vivre. Bonheur, gastronomie et décroissance, Serge Latouche, éditions Rivages-Payot, octobre 2020, 208 pages, 9,50 euros.

 

 

 

 

 

Plaidoyer pour le salaire du bonheur

Benoît Hamon revient en détails sur le revenu universel qu'il avait défendu dans son programme de candidat à la présidentielle dans Ce qu'il faut de courage. Plaidoyer pour le revenu universel.
Alors que la pandémie a encore creusé les inégalités, le revenu universel, individuel et inconditionnel serait une contrepartie légitime au partage inégal des richesses entre les hommes, génération après génération. Certains pays ont testé des expériences d'allocations plus ou moins provisoires pour les plus pauvres. Mais la crise de la Covid-19 a aussi fait réfléchir sur la perception du travail, les priorités de chacun, sa place dans la vie de chacun et dans la société, l'utilité de certaines tâches non rémunérées et l'utilité de certains métiers aux bas salaires, etc.
Non seulement le revenu universel éradiquerait la précarité et la pauvreté, mais il serait surtout un outil d'émancipation qui éradiquerait la charge mentale, le stress et l'angoisse des fins de mois difficiles voire des fins de revenus.
Les études ont montré (notamment lors d'une expérimentation finlandaise) que le revenu universel et inconditionnel est "source de bien-être parce qu'il donne de l'autonomie et donc une maîtrise, perdue ou inconnue jusqu'ici, de leur propre vie". "L'argent permet au citoyen de se réapproprier le temps qui lui manque cruellement pour choisir sa vie." Ce salaire du bonheur serait à opposer au salaire de la peur et du carcan à court-terme.
Quant à la peur des opposés à ce revenu, ce serait de favoriser la paresse et de dénaturer les valeurs du travail. Ce n'est pas ce que démontre la Prix Nobel d'économie Esther Duflo : "Quelqu'un qui perçoit un revenu garanti ne s'arrête pas de travailler parce qu'il a d'un coup assez d'argent". Au contraire, cette autonomie "permet de se former, de mener à bien un projet professionnel, de déménager pour se rapprocher d'un emploi, bref de travailler plus". "L'homme n'a aucune pente naturelle au parasitisme. Il ne s'épanouit pas naturellement de vivre aux dépens des autres. Il cherche l'œuvre à partir de laquelle il s'accomplira, tirera estime de lui-même et obtiendra la reconnaissance des autres. Cette œuvre, il veut l'atteindre par le travail."
Alors, prêts pour la grande conquête sociale du siècle ?

Ce qu'il faut de courage, Plaidoyer pour le revenu universel, Benoît Hamon, éditions des Équateurs, octobre 2020, 256 pages, 18 euros.

Traverser l'épreuve

Frédéric Worms est professeur de philosophie à l'École normale supérieure et membre du Comité consultatif national d'éthique. Il est aussi l'auteur, entre autres, de Revivre, Éprouver nos blessures et nos ressources ou Les Maladies chroniques de la démocratie. Il écrit également des chroniques pour le journal Libération. Ce recueil en rassemble un certain nombre parues entre 2015 et 2020, de l’attentat de Charlie Hebdo jusqu’à la pandémie, en passant par # MeToo ou l'incendie de Notre-Dame. Ces textes nous aident à trouver du sens face à la sidération et aux dangers qui nous menacent. « Car le propre et le pire de la sidération, c’est qu’elle semble détruire jusqu’au sens de ce qu’elle vient atteindre, ce sens sans lequel pourtant elle ne serait pas possible. »

Après le choc, comment répondre et réagir ? Qu'est-ce que cela détruit ? Comment entrer en résistance ? « Peut-être ne sommes-nous pas totalement démunis pour répondre, c’est-à-dire pour nous orienter et donc pour résister à une possibilité à venir, en en dessinant une autre. »

Quand la philosophie vient au secours du citoyen.

Sidération et Résistance. Face à l’événement 2015-2020, Frédéric Worms, éditions Desclée de Brouwer, septembre 2020, 328 pages, 17,90 euros.

 

 

>>>Retrouvez d'autres chroniques de Marie Martinez, sur ce lien :  Autrice – Blogueuse | Marie Martinez

[5G] : LE CONSEIL D'ETAT REJETTE LE RECOURS DES ONG

Créé le : 05/01/2021

photo : pixabay

Par Agir pour l'environnement et Priartem

Depuis le 31 décembre 2020 à 17h42, quelques médias se sont fait l’écho, via une dépêche de l’Agence France Presse, d’un rejet des recours engagés devant le Conseil d’Etat par les associations Priartem et Agir pour l’Environnement dans le dossier 5G.

Avec force détails, ces médias ont eu accès à une information que seul le Conseil d’Etat est en mesure d’avoir diffusée. Les associations s’étonnent de cette façon de faire et souhaiteraient connaître précisément comment, quand et qui, au sein du Conseil d’Etat, a été autorisé à diffuser une décision que les requérants et leurs avocats n’ont reçue formellement que 4 jours plus tard.
 
Il est pour le moins curieux que la plus haute juridiction administrative se prête à ce qui pourrait apparaître comme une volonté de réserver une information à certains médias triés sur le volet en jouant la carte du scoop sans respecter les procédures habituelles.
 
Ceci est d’autant plus étonnant que cette décision de rejet des recours des associations ne retient pas les conclusions du rapporteur public qui avait proposé, le 18 décembre dernier, de sursoir à statuer le temps de saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) via une question préjudicielle ; donnant ainsi raison aux demandes légitimes des associations et de leurs avocats.
 
Le Conseil d’Etat rejette ainsi la demande formulée par les associations de mener à bien une évaluation environnementale et sanitaire avant tout déploiement de la 5G et une mise au débat public, comme le prévoit pourtant la directive relative à l’évaluation environnementale des plans et programmes.
 
Les associations dénoncent cette décision de la plus haute juridiction administrative, d’autant plus regrettable que le Haut Conseil pour le Climat vient de confirmer l’impact significatif de la cinquième génération de téléphonie mobile sur le climat, qui aurait dû être évalué au préalable selon lui.

[PACTE TRANSITION] : Bilan et nouveau site du Pacte

Créé le : 07/12/2020
Ça y est ! Le nouveau site du Pacte est lancé, les bugs sont (presque) tous corrigés et les pages collectifs (quasiment) toutes mises à jour...
 
 
Il est donc temps de passer à la dernière phase de ce projet : communiquer, afin d'inviter le plus de monde possible à visiter ce nouveau site tout beau tout chaud.
 
Et pour ça, nous avons besoin de vous !
 
 
Cette campagne est aussi l'occasion de revenir sur le bilan du Pacte suite aux municipales (mieux vaut tard que jamais... et puis la période se prête aux rétrospectives) et de partager en open source  toutes les données et statistiques sur les signatures.

Rappelons ensemble que dans l'après municipales, le Pacte pour la Transition continue !
 
 

Un nouveau site bien plus pratique 

 
La refonte du site du Pacte s'articule autour de 2 nouveautés phares pensées pour vous faciliter son utilisation :
  • une nouvelle carte qui rend plus simple le recensement et l'identification des initiatives locales autour du Pacte, la recherche des territoires où des engagements ont été signés... ;
  • une nouvelle page pour chaque collectif, qui détaille les mesures signées par les élu-es et permet de suivre l'avancement de leur mise en œuvre.
 
Envie de plus d'informations sur les nouvelles fonctionnalités ou besoin d'aide pour leur prise en main ? Nous avons créé un guide à cet usage.
 

Partagez la campagne par mail ou sur les réseaux sociaux!

 

[ATTAC] : « Stopper Amazon avant qu’il ne soit trop tard »

Créé le : 20/11/2020

© Attac

Par Attac 

Ce lundi 16 novembre, 120 personnalités signent une tribune que publie franceinfo qui fait le constat d’une « crise sans précédent qui a une nouvelle fois révélé les profondes inégalités de notre société »

 

Les signataires de la tribune demandent :

  • > l’instauration d’une taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaires d’Amazon
  • > l’adoption d’un moratoire sur l’implantation de nouveaux entrepôts d’e-commerce

Ils appellent à se mobiliser d’ici au 27 novembre prochain, date du “Black Friday”, pour montrer l’urgence de stopper l’expansion du géant du e-commerce avant qu’il ne soit trop tard.

[VOYAGE EN TRANSITION] Replay des émissions

Créé le : 20/11/2020
Voyage en transition

Par Sans transition !

Pendant le mois de l'économie sociale et solidaire, Sans transition ! et ses partenaires ont organisé un cycle d’émissions avec des conférenciers de divers horizons afin de présenter des solutions possibles pour permettre une transition écologique, énergétique et solidaire. Vous êtes déjà près de 15 000 à avoir suivi nos émissions sur nos différents réseaux, alors mille merci !

"Ecologie : l'arbre qui cache la forêt ?"
Retrouvez le replay de l'émission avec Francis Hallé, botaniste et auteur, spécialiste des arbres et forêts primaires. Il revient avec nous sur l'importance des forêts et de leur bonne gestion pour préserver la biodiversité et permettre la construction d'une société plus durable.



 

"De Dieselgate aux transports du futur"
Retrouvez le replay de l'émission avec Karima Delli, députée européenne depuis 2009 et présidente de la Commission Transports et tourisme. Elle revient sur le scandale du Dieselgate qui a ébranlé l'industrie automobile et les institutions européennes et sur l'importance du développement d'un modèle de mobilité plus durable.

"Dépasser l'effondrement"
Retrouvez le replay de l'émission avec Arthur Keller, ingénieur aérospatial de formation, auteur et conférencier spécialisé dans l’étude des risques systémiques et des stratégies de résilience collective. Il nous informe sur les risques d'effondrement de notre civilisation et sur l'importance des récits pour construire de nouveaux imaginaires et faire advenir une société plus résiliente.

"1 000 milliards pour le climat !"

Retrouvez le replay de l'émission avec Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, ancien vice-président du conseil scientifique du GIEC. Il revient avec nous sur les conséquences du dérèglement climatique et sur les solutions possibles pour financer la transition.

Des émissions organisées en partenariat avec : Macif, la Fondation Macif, Actes Sud, la région Occitanie, le Conseil départemental de Haute-Garonne, UniLaSalle Rennes-Ecole des métiers de l'environnement, Université de Haute-Alsace, Le Coq Gadby.

[AHT] : L'ONU doit s'unir contre la COVID-19

Créé le : 12/11/2020

© Pixabay

Par Agora des Habitants de la Terre

L’Assemblée Générale de l’ONU vient de convoquer, pour les 3 et 4 décembre prochains, une Session Spéciale sur la pandémie de Covid-19 au niveau des chefs d’État et de gouvernement. Elle constitue une occasion unique pour la définition et la mise en œuvre des actions communes au plan mondial de lutte contre la pandémie dans l’assurance du droit à la vie et à la santé de tous les habitants de la Terre. Elle représente également une grande occasion pour nous, citoyens. Elle nous incite à exprimer nos priorités et souhaits, à faire pression sur nos dirigeants élus pour que leurs décisions soient conformes aux principes constitutionnels de nos États et à la Déclaration Universelle des Droits Humains et à celle des Droits des Peuples.

 

Voici en résumé les propositions que nous comptons soumettre au Président de l’AG de l’ONU en tant que contribution aux travaux de la rencontre des 3 et 4 décembre.

1. Abandonner le fétichisme de l’argent

La Session Spéciale doit :

  • Réaffirmer que la santé des personnes, des peuples et des écosystèmes de la Terre sont prioritaires et doivent prévaloir, sur les intérêts particuliers et corporatifs à court terme économiques, utilitaires, marchands.
  • Approuver l’abandon pour la période 2021-2023 de l’application des règles concernant les brevets sur le vivant, en particulier sur l’ensemble des outils de lutte contre la pandémie Covid-19 (diagnostics, traitement, vaccins).
  • Décider la création d’une « Task Force » mondiale, sous l’égide de l’ONU, sur la révision du régime juridico-institutionnel de la propriété intellectuelle à l’ère de l’anthropocène.

 

2. Appliquer le principe fondamental que la vie compte

À cette fin, il faut modifier les priorités de la finance mondiale en investissant dans l’économie des biens communs publics mondiaux (santé, eau, connaissance/éducation) et en réduisant drastiquement les dépenses (presque 2 trillions d’euros en 2019) dans l’économie de guerre (armements, compétitivité et domination).

Dans cette perspective, la Session Spéciale devrait :

  • Proposer la création d’un Fonds financier coopératif public pour la santé, partie intégrante d’une Caisse de Dépôts et de Consignation Mondiale pour les Biens Publics Mondiaux.
  • Charger l’UNIDIR ou une commission d’experts indépendants de soumettre un rapport d’étude sur les réductions immédiates des dépenses militaires et la reconversion de leur attribution au développement, à la production et à la distribution des biens et services publics dans la santé et les domaines liés de l’eau, de l’agroalimentaire, de la connaissance.

 

3. Renforcer le fonctionnement et les travaux de l’ONU (et ses agences) en faveur du développement d’ici 2045 d’une nouvelle architecture politico-institutionnelle de l’Humanité.

A cette fin :

  • Reconnaître l’Humanité en tant que sujet institutionnel acteur-clé de la politique mondiale de la vie. L’ouverture d’une Maison commune mondiale des connaissances, à partir des mises en commun existantes des savoirs, des expériences, des outils techniques (cas au Costa Rica concernant la santé…) sera un pas concret en avant significatif.
  • Proposer la création d’urgence d’un Conseil de Sécurité des Biens et Services Publics Mondiaux, en partant de la santé, de l’eau et de la connaissance.

Si vous êtes d’accord avec ces propositions à court et à long terme, votre appui personnel donnera un poids politique et humain plus important à notre démarche.

Vous ferez parvenir votre signature par courriel (email), ajoutant uniquement un mot sur votre statut professionnel (en m/f : étudiant, agriculteur, enseignant, ingénieur, employé, ouvrier, membre d’associations, retraité, …) et le lieu et pays de résidence à l’adresse email centrale internationale de l’Agora des Habitants de la Terre l’Agora : secretariat.audace@gmail.com. Votre soutien sera inclus dans la liste des signatures qui accompagnera le document soumis au Président de l’Assemblée Générale de l’ONU.

Bien sûr, nous sommes à votre disposition pour toute information complémentaire.

 

Pour l’Agora des Habitants de la Terre,

Les membres du Comité International des promoteurs.

[LE WEB SONNE] Le replay de la conversation citoyenne avec Jean Jouzel

Créé le : 06/11/2020

Par Sans transition! 

Le troisième épisode du Web Sonne, l’émission en direct de Sans transition ! avait pour invité Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, ancien vice-président du groupe scientifique du GIEC. Vous êtes déjà près de 2 000 à avoir suivi cette émission en partenariat avec Harmonie Mutuelle sur nos différents réseaux. Alors mille merci !

 

Retrouvez le replay de cette émission avec Jean Jouzel !

[FNE] : Parole aux justiciers de la nature victimes de violences

Créé le : 02/11/2020

© France Nature Environnement 

Par France Nature Environnement

L’an dernier 212 militants écologistes ont été tués dans le monde, selon le rapport de Global Witness. On pourrait espérer que la France soit épargnée par les violences faites aux justiciers de la nature. Et pourtant : passé à tabac pour avoir voulu dénoncer une atteinte environnementale, interpellé par la gendarmerie pour avoir répondu à une interview, menacé de mort pour s’être opposé à un projet de retenue d’eau… Chaque année, plusieurs militants du mouvement France Nature Environnement se font brutaliser pour avoir cherché à protéger l’environnement ou tout simplement faire appliquer la loi. Durant 2 semaines, France Nature Environnement leur donne la parole. Témoignages.

Du cyber-harcèlement à l’agression physique dans les Landes

Cela avait pourtant bien commencé : par une victoire devant les tribunaux. Mais le 22 décembre 2018, le maire de la commune de Soorts-Hossegor a diffamé dans un post Facebook la porte-parole de la SEPANSO Landes et divulgué l’adresse de sa maison, qualifiée de « taudis ». Dans les commentaires, un déferlement de haine et de menaces s’en est suivi. Le matin même, cette dernière avait donné une interview à France Bleu au sujet d’une récente victoire de l’association : la suspension par le tribunal du dragage du lac d’Hossegor. L’association avait saisi la justice, inquiète de l’impact de la technique utilisée sur l’environnement et la biodiversité. « Ils ont menacé de brûler ma maison... le but était clairement de me faire taire. Mais je ne suis pas du genre à baisser la tête », réagit Sylvie Brossard. Quelques mois plus tard, un homme l’a agressée dans son jardin et insultée d’« écolo de merde ». A l’heure actuelle, les propos du maire de Soorts-Hossegor n'ont pas pu être jugés en première instance car les faits ont été prescrits. L’association va faire appel.

Des élus locaux peu scrupuleux dans les Hautes-Pyrénées

Dans la commune de Loudenvielle, un membre d’ARPAL (Association Réfléchir Proposer Agir pour le Louron) s’est fait brutaliser par deux élus locaux pour avoir filmé un chantier a priori illégal (sans panneau d’autorisation) le 29 avril 2020. Tandis qu’il filmait la scène pour alerter les autorités publiques, le conseiller municipal qui était aux commandes de la pelle mécanique s’est précipité vers le militant écologiste et lui a vociféré menaces et injures. Il a vite été rejoint par son père, président du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées. Alain Dupiech s’est alors fait suivre jusqu’à son domicile, pousser à terre et frapper à coups de pieds. Il réagit : « Au-delà du traumatisme personnel, ces faits sont indignes d’élus locaux. A l’heure actuelle, ma plainte a été rejetée par le Procureur. Avec mon avocat nous poursuivons notre plainte sous une autre juridiction… nous ne laisserons rien passer. Si nous ne nous battons pas pour protéger l’environnement dans le département, qui le fera ? »

Menaces de mort dans le Lot-et-Garonne

Dans la commune de Pinel Hauterive, alors qu’il luttait contre un projet de retenue d’eau (dit Lac de Caussade) visant à accaparer un bien commun au profit de quelques agriculteurs, un militant de la SEPANLOG a reçu des menaces de mort de la part du Président du syndicat agricole majoritaire du département (Coordination Rurale 47). La scène se déroule le 30 septembre 2019 lors d’une réunion organisée par la Préfecture de Lot et Garonne. La violence est inouïe et assumée : « Vous n’avez qu’un seul objectif nous casser les c***, mais vous nous ferez moins chier lorsque vous serez au fond du lac ». Les menaces sont proférées à deux reprises devant la Préfète du Lot et Garonne, le député de la circonscription et de nombreux élus locaux et syndicaux. Malgré la plainte déposée, le dossier est encore sur le bureau de Mme la Procureure de la République. « Recevoir des menaces de mort, en France, alors que l’on se bat pour protéger l’environnement, me paraissait jusque-là improbable », explique Lionel Feuillas, ciblé par ces menaces.

Une procureure qui fait de l’excès de zèle en Corrèze

Le 30 mai 2020, le porte-parole de l’association Sources et Rivières du Limousin a été convoqué par la gendarmerie d’Égletons en Corrèze. Le motif : avoir répondu en janvier 2020 à une demande d’interview de France 3 dans laquelle il dénonçait la construction de serres industrielles à tomates hors-sol sur une zone humide. Personne n’a porté plainte… pourtant la Gendarmerie, diligentée par la procureure de Tulle, a jugé bon de mener l’enquête et le convoquer pour "violation de domicile”. Les deux journalistes et le président de la confédération paysanne de la Corrèze, n’ont, eux, même pas été entendus. Dérive issue de la création de la cellule Demeter, visant à à faire cesser tout prétendu « agri-bashing » à l’encontre du monde agricole productiviste ? « Cet épisode constitue une forme directe d’entrave à la liberté d’expression et au devoir d’information de notre association », résume Antoine Gatet, visé par cette enquête.

Ces témoignages et d’autres sont à retrouver durant 2 semaines sur nos réseaux sociaux, avec le hashtag #CeJourOù.

« Elus locaux, pouvoirs publics, agriculteurs productivistes, chasseurs... les auteurs d’intimidations sont variés. Et ces dernières prennent de nombreuses formes, de la suspension de subventions aux menaces de mort, en passant par le saccage de locaux ou encore les violences physiques. La cellule Demeter s’inscrit pleinement dans ces intimidations, c’est pourquoi elle doit être dissoute. Plus globalement, il faut à tout prix protéger les associations qui défendent l’intérêt général, l’Etat doit être exemplaire et intransigeant dans l’application du droit dans ces situations. Pour une démocratie saine, aucune tolérance pour les menaces et les actions violentes ! », conclut Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement.

[Rapport] « Une citoyenneté réprimée » : état des lieux des entraves aux actions associatives en France, Observatoire des Libertés Associatives, 6 octobre 2020

[VIDEO] Rob Hopkins : « Pour l’écologie et la santé mentale, résistons à la 5G ! »

Créé le : 27/10/2020

Par Sans Transition!, 

Le fondateur du mouvement mondial des villes en transition et enseignant en permaculture est revenu en septembre en France à l'occasion de la sortie de son nouvel ouvrage, Et si ... ? Libérer notre imagination pour créer le futur que nous voulons, paru au printemps chez Actes Sud. Lors de sa tournée de conférences avec Sans Transition!  il nous a accordé un moment d'entretien à Mazan, autour de questions d'actualité : la 5G, le plan de relance européen, et la compatibilité de tout ceci avec la transition. 

 

>> Retrouvez également notre hors-série sur Rob Hopkins et la transition, ainsi que notre dossier complet sur la 5G dans le numéro 25 de Sans transition! 

[LUTTE] Montpellier : une ZAD en rade

Créé le : 22/10/2020
© Facebook de MER Montpellier

© Facebook de MER Montpellier

La Maison de l’Ecologie et des Résistances (MER), située au nord de Montpellier, a été évacuée très tôt ce 22 octobre par les forces de l’ordre. Cette maison, transformée en ZAD, était occupée depuis le 6 octobre par plusieurs associations écologistes, dont Greenpeace et Extinction Rebellion, en signe de protestation au projet de contournement autoroutier du nord de Montpellier. Les gendarmes, venus en nombre, ont procédé à une intervention jugée « musclée et illégale » par les militants. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. La maison a été détruite dans la foulée à coups de tractopelles par la gendarmerie.

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