PAROLES CITOYENNES

[COMMERCE] Multinationales du chocolat versus producteurs de cacao : Commerce Equitable France et 22 organisations appellent à un sursaut massif

Créé le : 02/04/2021

© Commerce Equitable France

Par Commerce Equitable France

À la veille de Pâques, grande période de consommation de chocolat, les multinationales ont fait plier le gouvernement ivoirien pour faire baisser le prix du cacao payé aux planteurs, déjà à bout de souffle. Commerce Équitable France et 27 organisations dénoncent cette situation intolérable !

À l'été 2019, le Ghana et la Côte d’Ivoire, premiers pays exportateurs de cacao où plus de la moitié des producteur.rice.s vivent dans une situation d'extrême pauvreté, ont pris une décision  historique  : exiger des acheteurs de rehausser le prix d’achat du cacao. En coulisse, les multinationales ont fait plier le gouvernement ivoirien  qui vient d’annoncer le 31 mars une baisse de 25% du prix du cacao payé aux producteurs.  A la veille de Pâques - grande période de consommation de chocolat - Commerce Equitable France et 22 organisations appellent à un sursaut massif pour dénoncer cette situation intolérable.

La filière cacao est à bout de souffle : le prix du cacao a été divisé par trois en quarante.  Sa culture n’est plus un espoir de développement pour les familles de producteur.ice.s, enfermées dans une pauvreté endémique. En outre, le “cacao est trop peu payé pour être durable”, selon l’ICCO et faute d’un prix permettant d’investir dans la transition agroécologique de la production de cacao, la déforestation continue.
 
La majorité des producteur.ice.s et de leurs familles vivent aujourd’hui avec moins d’1,90 USD/jour, et perçoivent moins de 6% de la valeur générée par le cacao. Face à ce constat alarmant, les Etats du Ghana et de la Côte d’Ivoire ont pris la décision commune à l’été 2019 d’exiger des acheteurs de cacao, le paiement d’un différentiel de revenu décent (DRD) aux producteur.ice.s. Il s’agit d’un montant de 400 USD la tonne venant s’ajouter au cours de la bourse fixé à Londres, mécanisme qui vise à mieux répartir la richesse créée dans la filière. Saluant publiquement cette résolution courageuse, les grands industriels du cacao s’étaient alors engagés à jouer le jeu et soutenir la démarche à partir de la campagne de production 2020/2021. C’est dans ce contexte que la Commission européenne a lancé en septembre dernier un vaste processus multi-acteurs visant à mieux réguler la filière pour s’attaquer à la pauvreté des producteur.ice.s de cacao ouest africains et aux enjeux de déforestation.
 
En coulisse, tout le monde ne joue pas le jeu. Plutôt que de respecter cette décision des Etats, les multinationales ont préféré freiner leurs achats et puiser dans leur stock,  faisant pression sur les petit.e.s producteur.ice.s, qui se retrouvent ainsi avec plus de 100.000 tonnes de fèves de cacao invendues sur les bras. Quand les coopératives interrogent leurs principaux acheteurs sur l’absence de contrats depuis mi-novembre 2020, c’est la baisse de la demande mondiale de cacao en lien avec la pandémie de la COVID 19 qui est invoquée. Si cela est le cas, cette baisse est loin d’être généralisée : les ventes de Nutella  ont enregistré des records jusqu’à +50% durant le premier confinement et les tablettes de chocolat et autres produits de confiseries bio ont gagné 20.9% entre 2019 et 2020 !
 
Mais les grandes multinationales du secteur  ne l’entendent pas ainsi : elles auraient fait pression[7] sur les gouvernements ivoirien et ghanéen pour faire baisser les prix. Et c’est chose faite :  une réduction de 25 % du prix payé aux producteurs vient d’être annoncée par le Conseil Café Cacao de la Côte d’Ivoire et passe ainsi de 1000 FCFA à 750 CFA par kilo - s’éloignant d’autant de l’objectif affiché de revenu décent pour les producteurs. En arguant de la surproduction conjoncturelle  du cacao,  les acheteurs internationaux ont mis en échec la dynamique de partage de la valeur pourtant indispensable à la résolution des problèmes de durabilité de la filière.  Pourtant, “si la production dépasse en effet de quelques milliers de tonnes la demande mondiale, les petits producteurs ne peuvent pas continuer à être la seule variable d’ajustement entre l’offre et la demande”, déclare Fortin Bley, Vice-président du RICE. “Un contrat de commerce équitable c’est quand les acheteurs s’engagent sur des prix rémunérateurs, mais aussi sur des volumes : les acheteurs partagent ainsi équitablement les risques inhérents à toute production agricole”.
 
Commerce Equitable France, ses adhérents et ses partenaires producteurs et productrices de cacao réunis au sein du Réseau Ivoirien du Commerce Équitable (RICE) appellent les acheteurs internationaux à respecter leurs engagements pour créer les conditions d’une filière cacao plus juste et plus durable. Il est temps que les importateurs et industriels du chocolat respectent leurs devoirs de diligence raisonnée en matière de droits fondamentaux, alors même que les géants du chocolat, Nestlé et Cargill, sont poursuivis aux Etats-Unis pour violation des droits des enfants et complicité de travail forcé dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire.

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[TRIBUNE] Loi Climat et Résilience : honorons la promesse née de la Convention citoyenne !

Créé le : 30/03/2021
Crédit photo : Alex Guibord/flickr

Crédit photo : Alex Guibord/flickr

Par un collectif d'acteurs de l'ESS

Le 29 mars commence au sein de l’Assemblée Nationale le débat en séance sur le projet de loi Climat et Résilience. Alors qu’il devait être, comme s’y était engagé le Président de la République, la transcription par la loi des propositions issues du long travail opéré par les 150 citoyens composant la Convention Citoyenne pour le Climat, il apparaît aujourd’hui comme en grand décalage par rapport aux ambitions exprimées dans cet exercice démocratique inédit.

Nul besoin, nous l’espérons, de rappeler l’urgence à agir ; malgré cela, comme l’ont signifié le Conseil Économique Social et Environnemental, le Conseil National de la Transition Écologique, le Haut Conseil pour le Climat, la société civile à travers les associations et les ONG et les citoyens membres de la convention eux-mêmes, le projet de loi ne permettra pas de tenir l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 40 % d’ici 2030 par rapport à 1990. L’Etat s’expose donc de nouveau à un risque de condamnation pour sa carence à respecter les objectifs qu’il s’est fixés en matière de réduction des GES.

Solidarité, économie circulaire, santé, éducation, culture, environnement… Dans tous ces secteurs, nous, acteurs, collectifs, entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) démontrons au quotidien notre capacité à inventer de nouvelles réponses aux enjeux de mobilité, de consommation durable, de promotion des énergies renouvelables, ou encore d’insertion sociale et professionnelle. Le tout dans une visée de transformation de notre système économique et social, à l’appui de principes fondateurs, indissociables de la transition écologique, et plus encore leviers de sa réussite : entrepreneuriat du temps long, gouvernance démocratique, modèle économique caractérisé par la lucrativité limitée et l’orientation des bénéfices vers le financement de projets d’intérêt collectif.

Nous avons pleinement conscience du caractère critique de notre époque, de l’ampleur des menaces que fait peser le changement climatique sur notre avenir collectif, tandis que ne cessent de se creuser les inégalités sociales. Nous cherchons en ce sens à prendre toute notre part aux transformations de nos modes de vie, de consommation et de production, qu’il nous faut collectivement mettre en œuvre pour réussir une transition écologique et solidaire.

Et nous interpellons les pouvoirs publics qui doivent agir plus fortement, plus rapidement, en commençant par ne pas faire du projet de loi Climat et Résilience une nouvelle occasion manquée.

Nous appelons donc à enrichir le texte qui est discuté par la représentation nationale. En renforçant la place de l’économie sociale et solidaire, pour favoriser le développement de nos modèles qui sont autant d’accélérateurs des dynamiques qui concilient résilience économique, justice sociale et exigence écologique. En œuvrant davantage pour la justice sociale et environnementale, pour l’accès de tous à une alimentation de qualité, pour en finir avec les passoires thermiques. En accélérant le développement des énergies renouvelables citoyennes, en soutenant la structuration de filières agricoles basées sur des innovations agroécologiques, ou encore en favorisant le réemploi plutôt que le recyclage. En impulsant enfin dans nos politiques publiques d’indispensables mesures structurantes : une véritable éducation au développement durable, et une modification des normes comptables pour valoriser une nouvelle comptabilité écologique et sociale, condition nécessaire à une évolution en profondeur de notre système économique. En démontrant ainsi que l’on peut concilier concrètement et efficacement la réduction des inégalités sociales, la préservation des ressources communes, et la sauvegarde de la biodiversité.

Nous sommes convaincus que « le monde d’après » ne pourra se construire qu’en donnant les moyens aux citoyens de s’en emparer. C’est l’esprit de notre prise de position et de ces propositions. Les membres de la convention citoyenne ont ouvert une voie. Ne la refermons pas. Donnons à toutes et tous les moyens de la continuer, avec les entreprises de l’ESS.

Signataires : Jérôme Saddier, président d’ESS France Amandine Albizzati, directrice générale d’Enercoop Pierre-Eric Letellier, direction collégiale de l’Heureux Cyclage Damien Forget et Sandrine Andreini, direction collégiale du RESSAC – réseau des ressourceries artistiques et culturelles Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette Suzanne De Cheveigne, présidente de l’Association nationale des Compagnons Bâtisseurs Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS Philippe Quirion, président du Réseau Action Climat Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement

[MONNAIE LOCALE] Veolia intègre le réseau de La Gonette

Créé le : 26/03/2021

© La Gonette

Par La Gonette

En 2020, des dirigeants salariés de Veolia Eau Centre Est et Eau du Grand Lyon ont entamé la démarche d'adhésion à La Gonette, monnaie locale complémentaire & citoyenne de la région lyonnaise. Leur candidature a été reçue en décembre 2020 pour intégrer le réseau des professionnels, qui regroupe 340 entreprises & associations engagées dans une démarche locale, humaine, écologique et démocratique. Cette adhésion a été validée le 18 Mars 2021 par le Conseil des Collèges de La Gonette suite à la consultation des adhérents.

La demande d’adhésion de la filiale lyonnaise de Veolia, entreprise internationale, membre du CAC40, a soulevé, à La Gonette, des interrogations et des débats sur la question de la gestion du service public par une société privée. La principale activité de la filiale repose en effet sur un service de distribution de l’eau dans le cadre d’une Délégation de Service Public. La mission de La Gonette - faire de la monnaie un commun, au service de l'intérêt général et du bien vivre - a pu sembler, pour certains adhérents, en contradiction avec le mode de fonctionnement d’un groupe comme Veolia. La démocratie monétaire étant au cœur du projet, La Gonette a invité le 4 mars dernier, l'ensemble de ses adhérents (particuliers et partenaires) à prendre connaissance de cette candidature et de ses enjeux pour s'exprimer et statuer sur la candidature de Veolia Eau Centre Est et d'Eau du Grand Lyon. La Métropole de Lyon, qui venait de décider le passage en régie publique de l'eau pour 2023 a également été informée. Suite à cette consultation qui a rassemblé 63 personnes pour 125 inscrits pendant laquelle les dirigeants salariés de Veolia Eau Centre Est et d'Eau du Grand Lyon ont pu répondre aux interrogations, le Conseil des Collèges de La Gonette (organe décisionnaire composé d'adhérent.es élu.es) s'est réuni les 15 et 18 mars derniers pour se saisir du résultat des votes et statuer sur cette candidature. Il a adopté une délibération au consentement qui donne lieu à ce communiqué commun : Dans une démarche inclusive et bienveillante, le Conseil des Collèges a décidé d'accepter la candidature de Veolia Eau et d'Eau du Grand Lyon dont l’initiative revient aux salariés dirigeants, ce pour la durée de la Délégation de service public (soit jusqu'au 31 décembre 2022) et sous les conditions suivantes : les deux partenaires ont conscience qu’il s’agit d’une expérimentation qui les engage l’un et l’autre.

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[NEONICOTINOIDES] Le Conseil d’Etat confirme leur réautorisation, les associations accusent

Créé le : 15/03/2021
Pixabay

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Par Agir pour l'environnement, Confédération paysanne, Nature & Progrès

Saisi d’un référé suspension contre l’arrêté réautorisant les insecticides néonicotinoïdes pour le traitement des semences de betteraves, le Conseil d’Etat a rejeté ce lundi 15 mars le recours engagé par Agir pour l’Environnement et la Confédération paysanne.

Les structures regrettent cette décision judiciaire fondée sur des éléments apportés par le ministère de l’agriculture après l’audience. Les associations dénoncent la production d’une note signée de l’INRAE affirmant de façon erronée que les données climatiques du début de l’année ne changeaient nullement la situation en matière de pression virale, et ce malgré un froid polaire s’étant abattu sur la France mi-février.
 
A la lecture de cette note, les associations ont découvert qu’elle avait été rédigée conjointement par l’INRAE et l’Institut technique de la betterave, rassemblant les principaux acteurs du lobby de la betterave à l’origine de la demande de réautorisation des néonicotinoïdes. Cette note de l’INRAE, qui a influé sur la décision du Conseil d’Etat, a été produite pour les besoins de la cause et n’offre aucune garantie de sérieux et d’indépendance.
 
Les associations se sont émues de ce manque évident d’indépendance. Agir pour l’Environnement et la Confédération paysanne dénoncent les approximations et mensonges du ministère de l’Agriculture qui ont permis au Conseil d’Etat de rejeter le référé suspension déposé par les associations.
 
Entre des données météo biaisées produites par l'INRAE, des évaluations de l'impact des néonicotinoïdes approximatives ou lacunaires et des dérogations accordées sur la foi de données mensongères, la décision du Conseil d'Etat est très loin d'être indiscutable.
 
Agir pour l'Environnement et la Confédération paysanne vont étudier avec leur avocat, la possibilité de saisir la Commission européenne pour l'alerter de l'illégalité de cette dérogation à l'interdiction des néonicotinoïdes pour le traitement des semences bettravières.

[JUSTICE] raffinerie La Mède : le rapporteur public donne partiellement raison aux associations, Total persiste et signe

Créé le : 12/03/2021
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Par France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d'Azur 

 
A l’audience de ce jour au tribunal administratif de Marseille, le Rapporteur public, M. Philippe Grimaud, a rendu son avis sur la demande des associations (FNE PACA, FNE13, FNE, Greenpeace France, Les Amis de la Terre France, LPO), représentées par Me Mathieu Victoria et Louis Cofflard, d’annulation de l’arrêté d’exploitation délivré par le Préfet des Bouches-du-Rhône permettant à Total de fabriquer des agrocarburants sur le site de La Mède. La décision du tribunal sera rendue d’ici trois semaines.
 

 

Selon le Rapporteur public, cette autorisation préfectorale doit être en partie annulée et modifiée compte tenu de plusieurs illégalités, notamment en raison de l’absence d’évaluation des impacts climatiques du projet par Total, ce qui a nui à une information complète du public. Le Rapporteur considère également que les prescriptions du préfet pour limiter ces impacts sont très insuffisantes, les importations étant non limitées dans le temps et en volume. 
 
A l’audience, la Préfecture a défendu une approche “pragmatique”, soulignant l'impossibilité pour ses services de contrôler et apprécier les impacts climatiques de la raffinerie de La Mède (sic!). L’avocat de Total, représenté par Me Jean-Pierre Boivin, s’est prévalu de la certification de durabilité pour justifier qu’il n’était pas nécessaire que Total prenne en compte "le climat à l’autre bout du monde” et que cette dernière constitue “l’outil pour régler la question du climat”. Or le récent rapport de Greenpeace a rappelé l’inefficacité du système de certification. La défense de Total souligne également le risque de débat “sans fin” sur le volet climat et les impacts à l’étranger de la raffinerie La Mède. 

Pour les associations requérantes, cette position et analyse juridique sont ubuesques compte tenu de l’ampleur des conséquences de La Mède sur le climat et la biodiversité à l’étranger, notamment en Indonésie où la moitié des forêts a déjà été détruite en raison de la culture de palmiers à huile

Si l’avis du Rapporteur public est suivi sur ce point par le tribunal administratif de Marseille qui devrait rendre sa décision dans 3 semaines, cela constituera une avancée majeure pour la prise en compte des impacts sur l'environnement. Concrètement cela signifie que Total et la Préfecture devront revoir complètement leur copie en réalisant une nouvelle étude d’impact et enquête publique qui pourraient donner lieu à un nouvel arrêté préfectoral. 

Les associations requérantes ont toutefois plaidé pour que, compte tenu de l’urgence et de l’importance des enjeux environnementaux, le tribunal conclue à une annulation totale de l’arrêté d’exploitation, sans laisser la possibilité à Total d’une session de rattrapage. Le temps n’est plus à la régularisation a posteriori. Il appartient à Total de gérer l’avenir de ce site industriel en assurant une reconversion juste du personnel, et de cesser de présenter de façon mensongère les agrocarburants comme “une solution positive pour le climat".

[ ALIMENTATION ] Quelles sont les pratiques et les attentes des Français ?

Créé le : 26/02/2021

A la veille des débats parlementaires autour de la loi Climat et Résilience et alors que la déclinaison de la PAC en France est en cours de discussion, le Réseau Action Climat France publie un sondage avec Harris Interactive sur la consommation de viande des Français et leurs nouvelles attentes.

Alors qu’une polémique sur la mise en place de menus sans viande à Lyon a eu lieu en début de semaine, ce sondage permet ainsi de mieux connaître l’avis des Français.  

Une consommation de viande en baisse

La première raison invoquée pour motiver cette baisse de consommation de viande est la santé, puis le bien-être animal et la cause environnementale. 74 % des français profiteraient des économies réalisées par une réduction de leur consommation de viande pour investir dans une alimentation de meilleure qualité, et en particulier une viande de meilleure qualité (bio, produite localement, rémunérée justement pour le producteur, animaux élevés à l’air libre, etc.). Quand on note également que le critère le plus important mis en avant par les français pour l’achat d’une viande est sa provenance locale ou du moins française (58 %), cette forte tendance montre bien qu’une réduction de la consommation de viande par la population française pourrait se faire au profit des élevages de qualité français.

Du côté des alternatives à la viande, les français se tournent massivement vers les protéines végétales brutes ou très peu transformées à 87 % (lentilles, pois chiches, pâtes complètes, etc.), loin devant des alternatives encore peu répandues aujourd’hui comme la viande de synthèse ou les insectes. Les Français plébiscitent tout particulièrement les légumes secs pour leurs qualités nutritives et gustatives, mais également leur prix et mettent en avant le fait qu’ils reflètent la richesse des terroirs français (lentilles vertes du Puy, lentilles du Berry, mogettes de Vendée, haricot tarbais, etc.).

Les Français attendent beaucoup plus de la part des pouvoirs publics

Une majorité des français estime que les pouvoirs publics n’agissent pas suffisamment pour encourager une alimentation de meilleure qualité. Pour 60 % des français, les pouvoirs publics devraient en particulier améliorer l’information sur les alternatives à la consommation de viande, et promouvoir davantage la consommation de viande de meilleure qualité (à 60 % également) et la réduction de la consommation de viande (55%). Une des meilleures solutions pour inciter à consommer une viande de meilleure qualité serait d’en améliorer la distribution (pour 67 % des Français) via les circuits courts de proximité, les magasins spécialisés ou les enseignes généralistes.

Du côté de la production agricole, les Français seraient favorables à 83 % à ce que les pouvoirs publics mettent en place des mesures visant à limiter, en France, la présence des exploitations agricoles les plus industrielles (de type intensif, comprenant un très grand nombre d’animaux, etc.), et attendent pour 88 % d’entre eux des mesures de soutien au développement des élevages durables.

Les résultats du sondage réalisé par Harris-Interactive nous confirment ainsi l'appétence des français pour le “moins et mieux” : moins de viande dans l’assiette mais des produits végétaux et animaux de meilleure qualité, plus durables, locaux sinon français. Ce “moins et mieux”, s’il est bien accompagné par les pouvoirs publics, se fera au profit de la santé de tous et du climat mais aussi des éleveurs, grâce à la réorientation des achats vers des élevages de qualité.

L’intervention des pouvoirs publics devrait en particulier passer par :

  • La loi Climat et Résilience au travers de :
    - la mise en place de l’alternative végétarienne chaque jour ou deux menus végétariens par semaine d’ici 2025 dans toute la restauration collective
    - l’interdiction des nouvelles constructions ou agrandissements des élevages les plus industriels et polluants
  • Le Plan stratégique national (déclinaison de la PAC en France) en cours d’élaboration avec :
    - le recentrage des aides couplées aux élevages les plus durables et résilients,
    - la création d’un système de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) “prairie”
    - le renforcement du soutien aux légumes secs et aux fruits et légumes frais via les aides couplées.

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[CHIFFRES CHOCS] Pêches destructrices dans les aires marines protégées

Créé le : 23/02/2021
golfe de Gascogne - pixabay

Crédit photo : Pixabay - Golfe de Gascogne

 

Par France Nature Environnement

Réellement préservées, les « aires marines protégées » ? France Nature Environnement a mené l’enquête : on pêche presque autant dans les aires marines protégées du golfe de Gascogne qu’en dehors. Et avec les mêmes méthodes de pêche destructrices.

 

Les aires marines protégées n’empêchent pas les pêches destructrices

Les scientifiques sont formels : la principale cause de dégradation des océans est la surpêche et le recours à des techniques de pêche destructrices. Alors que l’état de la biodiversité marine dans l’espace maritime français est particulièrement préoccupant, une limitation des impacts de la pêche et une protection des zones les plus vulnérables semble indispensable. Ça tombe bien : 23,5% des mers françaises sont classées en « aires marines protégées ». Mais ce statut suffit-il réellement à préserver la biodiversité de nos océans ?

Au moyen d’une carte détaillant le nombre d’heures de pêche exercées entre 2015 et 2018 dans les aires marines protégées du golfe de Gascogne, France Nature Environnement dresse le bilan de quatre méthodes de pêche dont les impacts sur les milieux marins sont avérés : le chalut pélagique, les filets maillants, le chalut de fond et la pêche à la drague. Rien qu’en 2018, on évalue à plus de 174 000 le nombre d’heures de pêches destructrices dans ces aires protégées, contre 235 000 en dehors !

Concrètement, le chalut pélagique et les filets maillants capturent de nombreuses espèces non ciblées comme les tortues, les requins, les dauphins… ces derniers, pourtant protégés par la loi, sont capturés par milliers chaque année et meurent, pris au piège dans ces filets. Le chalut de fond et la pêche à la drague, de leur côté, raclent les fonds marins et ont des conséquences dramatiques sur les organismes et les habitats, comme les récifs et les bancs de sable.

Des aires protégées qui passent totalement à côté de leur objectif de protection

Ironie de l’histoire : ces aires protégées du golfe de Gascogne ont été spécifiquement créées pour protéger plusieurs espèces et habitats, qui sont directement impactés... par les méthodes de pêche toujours en cours dans ces zones. Autrement dit, rien n’a changé depuis leur création.

En toute logique, ces méthodes de pêche devraient être interdites dans ces zones protégées du golfe de Gascogne. En effet, pour être autorisée, une activité doit avoir fait l’objet d’une évaluation des incidences au préalable. Ici, elles n’ont jamais été réalisées... Pour certaines zones, cette évaluation se fait attendre depuis de nombreuses années. Une attente délibérée ? Quoi qu’il en soit, au vu des impacts connus de ces pêches sur les espèces et habitats présents dans ces zones, les études à venir ne peuvent que conduire à leur interdiction. Après plusieurs interpellations, la France consent enfin à lancer ces évaluations dans un délai de 5 ans... Et laisse les comités de pêche les réaliser, sans se soucier du conflit d’intérêt évident.

Pour découvrir la carte interactive : fne.asso.fr/devine-ou-je-vais-pecher

[ MENU VÉGÉTARIEN ] L'association Peta soutient de maire de Lyon

Créé le : 23/02/2021

En réponse à la polémique causée par l’instauration d’un menu unique sans viande une fois par semaine dans les cantines scolaires à Lyon, l'association de protection animale PETA, a envoyé un mot de soutien au maire de Lyon, Grégory Doucet.

L'association a également déclaré :

" Nous félicitons de tout cœur Monsieur le maire d'avoir pris des mesures décisives pour protéger ses citoyens. Rappelons-le aux voix qui s’élèvent contre ce menu unique sans viande : c’est précisément notre consommation de chair animale qui est la source de cette crise sanitaire.

En effet, le nouveau coronavirus aurait trouvé son origine dans un marché d’animaux en Chine. Mais il ne s’agit pas de la première maladie zoonotique à poser un grave risque aux humains ; aujourd’hui-même, on apprend que des ouvriers en Russie ont contracté la grippe aviaire.

Tant que nous continuerons d’élever des animaux dans des conditions intensives et insalubres pour notre consommation, il n’est pas question de simais véritablement de quand nous devrons faire face à une prochaine pandémie. Nous encourageons tous les maires de France à suivre l’exemple pragmatique et louable de Monsieur Doucet."

Mise en place pour aller plus vite et se conformer au "nouveau protocole sanitaire" contre la Covid-19, l'iniative de l'édile lyonnais a suscité de vives réactions de la part du gouvernement.

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> Peta

[RECOURS] Alerte néonicotinoïdes!

Créé le : 22/02/2021
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crédit photo : Pixabay

Par Générations futures

7 organisations, dont Générations Futures, déposent des recours contre l’arrêté du 5 février 2021 réautorisant les insecticides tueurs d’abeilles et demandent l’annulation de ce texte.

Fin juillet 2020, plusieurs représentants de la CGB (planteurs de betteraves), soutenus par des présidents de Région, interpellaient le ministère de l’Agriculture pour demander le retour des néonicotinoïdes et permettre, par dérogation, l’usage de ces insecticides en protection de semences afin de lutter contre la jaunisse, maladie induite par la présence de pucerons verts. Malgré notre mobilisation et le rejet des citoyen.nes du retour de ces insecticides « tueurs d’abeilles », une loi a été promulguée le 14 décembre validant ce retour. 
 
Certaines de nos organisations ont à nouveau fait entendre leur voix à la fois lors de la consultation publique portant sur l’arrêté d’application de la loi et dans le cadre du comité de surveillance où siège notre association. Or, à l’heure actuelle, ces actions n’ont pas atteint l’objectif escompté: stopper le retour des néonicotinoïdes.
 
Ainsi, comme annoncé, nous avons souhaité, dès publication de cet arrêté d’application, engager des recours juridiques contre ce texte. C’est ce que nous faisons  aujourd’hui, dans le cadre d’une procédure devant les tribunaux administratifs de Toulouse et Lyon.
 
Les recours.
 
Par le biais de nos avocats, nous déposons ce jour plusieurs recours pour demander l’annulation de l’arrêté réautorisant les néonicotinoïdes.
 
Voici pourquoi (entre autres) :
 
  • l’exposition des abeilles à ces néonicotinoïdes sera, entre autres, générée par la flore spontanée et sauvage présente dans et en marge de la zone betteravière, ce qui représente un risque impossible à maîtriser,
  • l’implantation de ce type de semences engendrera une diminution des ressources alimentaires pour les pollinisateurs,
  • les néonicotinoïdes sont persistants dans les sols et rémanents dans les cultures,
  • le sol est une voie d’exposition de la biodiversité, voie d’exposition non prise en compte dans le cadre de cet arrêté,
  • le texte fait l’impasse sur les effets induits par ces insecticides sur les oiseaux et autres mammifères sauvages ainsi que sur la pollution de l’eau et de l’environnement,
  • l’arrêté ne prévoit aucun dispositif spécifique de contrôle renforcé,
  • les pucerons – visés par l’utilisation des néonicotinoïdes – ne sont pas les seuls responsables des baisses de rendements. Les conditions climatiques et particulièrement la sécheresse sont également responsables de cette baisse. Or l’arrêté fait l’impasse sur ce fait.
 
 
Conclusion
 
Pour toutes les raisons développées dans nos requêtes, nos organisations demandent l’annulation de cet arrêté qui aurait comme conséquence d’induire des effets néfastes pour la biodiversité en générale et pour les pollinisateurs en particulier.
 
Alors que se discute en ce moment même le futur référendum voulu par Emmanuel Macron lui-même visant à garantir dans la Constitution « la préservation de la biodiversité », il parait tout à fait contradictoire de laisser revenir sur le marché ces substances très nocives. Nos ONG espèrent donc que la justice saura nous entendre sur ce point.

[RAPPORT ] : le train de nuit doit permettre de relier l’ensemble des territoires Bretons aux autres régions de France et d’Europe

Créé le : 01/02/2021
pixabay/gare de nuit

crédit photo : pixabay

Par le collectif Oui au train de nuit 

Un rapport de l’État va proposer de redévelopper les trains de nuit. Le Parisien confirme donc l’annonce faite par Emmanuel Macron le 14 juillet 2020 : « On va redévelopper les trains de nuit, on va redévelopper les petites lignes de train, parce que tout ça permet de faire des économies et de réduire nos émissions. »

A l’heure où le « flygskam », ou honte de prendre l'avion, décolle dans les opinions internationales, le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou insiste sur l’impact positif du ferroviaire sur le climat. « La jeunesse a moins envie de prendre l'avion. [...] Le train c'est 20 à 30 fois moins d'émissions. [...] » rappelait-il le 8 décembre dernier avant de conclure : « C'est le bon moment pour relancer cette offre de trains de nuit ».

Le train de nuit répond aux besoins de mobilité depuis et vers la Bretagne. Notre région périphérique est mal reliée aux autres territoires de France et d’Europe, avec des temps de trajets généralement supérieurs à 5 heures, notamment entre villes moyennes et petites de la péninsule vers les autres destinations de l’Hexagone à commencer par le Sud-Ouest (Bordeaux, Perpignan ou Toulouse).

Les avantages du déploiement de liaisons transversales directes sont multiples tant pour les Bretons que pour nos visiteurs. Le train de nuit permet en effet d’éviter le changement de gare à Paris, contrainte particulièrement décourageante pour une partie des voyageurs. En situation de pandémie, éviter le transit depuis la gare Montparnasse et disposer de compartiments éventuellement privatifs pour les familles est également positif.

Selon Jean-Pierre Farandou, « le train de nuit permet d’aller entre 1000 et1500 km » de son point de départ. Le train de nuit a donc le potentiel pour relier l’ensemble des villes bretonnes à la totalité des régions de France ainsi qu’à certains territoires européens. Cet horaire optimisé convient au plus grand nombre et notamment aux voyageurs professionnels. En effet, avec un départ en soirée et une arrivée tôt le matin, il permet de profiter des journées complètes tant sur le lieu de départ que sur celui l’arrivée. Pour les territoires et plus encore les villes petites et moyennes en plein processus de revitalisation, le train de nuit est donc un facilitateur à l’organisation d’événements professionnels ainsi qu’un facteur d’attractivité territorial.

La vision d’avenir pour 2030 des lignes de train de nuit reliant la Bretagne aux autres régions françaises et européennes

Plus d'infos Collectif "Oui au train de nuit !" – Le train de nuit : une mobilité du futur !

>> En replay, l'émission Voyage en transition du Magazine Sans transition ! :  "De Dieselgate aux transports du futur"
Retrouvez le replay de l'émission avec Karima Delli, députée européenne depuis 2009 et présidente de la Commission Transports et tourisme. Elle revient sur le scandale du Dieselgate qui a ébranlé l'industrie automobile et les institutions européennes et sur l'importance du développement d'un modèle de mobilité plus durable.

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